La terre sur le nez d’un phoque,

La Terre tourne sur le nez d’un phoque
Et le vertige étourdit les cerveaux.
Si vous perdez la tête à qui la faute ?
Aux poètes dont vous lisez les vers
Sans comprendre pourquoi ils ont écrit
Sur du vent leurs aveux ô combien pathétiques
Et gravé dans le marbre des fadaises…
Quant à la montagne trop lourde
On la laisse sur place
Sans chien pour la garder
Ni lanterne pour éclairer son intestin.
Rassurons-nous : il est très rare
Qu’une montagne se déplace
Avec tous ses bijoux
Et ses mille et une brosses à dents.
****
Epars,

On vit de ci de là
Bout d’hier au bout d’aujourd’hui
Sans demain qui n’existe pas
Caché dans l’ombre du bruit
On passe de si en la
Toujours la note descendue
Au profond qui ne parle pas
A l’homme qui s’égare sans but
Dans ces allées à peine vues
On vit de ci de là
De sens perdu en sens caché
Trop faible pour tenir droit
Dans une vie bien trop penchée
****
Sous un parapluie deux corps
Une vieille dame ensevelie sous une capuche
Un son mélodieux aux couleurs cuivrées
Puis le ballet symphonique des essuie-glaces
La pluie a éteint la flamme du jour
Versant sur elle des milliers de petites larmes
Douces comme la peau du mot colline
Des oiseaux de mer se sont posés sur les vagues grises
De quelques tôles ondulées
Le dessin du chemin vers la maison est presque effacé
Il ne reste que le soir qui tombe et moi
En tête à tête avec le ciel

****
Les réverbères se détachent sur le seul coin de ciel
Bleu dans le matin tourmenté
Ils ne sont plus courtisés par les papillons et les chauves-souris
À peine par les passants pressés
Toujours prompts à râler lorsque la fatigue d’une longue nuit
Met en veilleuse leur halo lumineux
Ils savent mettre en beauté la délicate Lune
Mais aux saisons où elle peut
Sans courir aucun risque se prélasser dans la touffeur
Et tandis que les escargots las d’attendre la pluie
Se sont enfouis pour dormir bien avant hier
Personne sous les lampadaires ne lit les lignes de l’avenir

Sur cette sphère au gré d’un jeu : 4Z, bibi, Élisa et Éclaircie ont posé des ballons qui en valaient la peine.
Merci à 4Z dont j’ai piqué le titre sans vergogne 😊

4 replies on “La terre sur le nez d’un phoque,”

  1. Phoenixs dit :

    Voilà bien l’automne avec cache gorge, parapluies symphoniques, intestins grêles et brosse à dents sur le nez d’un joueur lustré par la vie, ensemble les boules de cristal ne révèlent peut-être pas l’avenir mais elles permettent de lire les paillettes du présent.

  2. Éclaircie dit :

    Je comprends que nous ressentions les sursauts de la terre avec des intensités différentes. L’animal s’amuse de ce ballon ou souffre de son poids ; pourtant la balle pourrait être plus légère, si la vie partout se tenait droite, quand les vagues grises lèchent le ciel et l’imagination du poète et sillonnent entre les réverbères.

  3. Elisa-R dit :

    Je me demande si cette montagne est assez aimable pour jouer à la balle avec la terre…Et si je suis effrayée par la possibilité d’une réponse positive, je me cacherai dans « l’ombre du bruit » ou, sur le dos d »une chauve-souris, pour nager dans ‘un coin de ciel bleu »

  4. 4Z2A84 dit :

    Si demain n’existe pas, l’ombre du bruit par contre est visible et tangible, et la peau du mot colline plus résistante que les réverbères courtisés ou non par des chauve-souris…Un tête-à-tête avec le ciel s’improvise-t-il sans le concours des anges ?
    Un PPV de qualité supérieure.
    Un ZEPHE à graver dans la mémoire de l’eau.

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