UNE PROFUSION DE RÊVES.

 

 

L’appétit traverse le ciel poursuivi par la lune

Que le soleil a qualifié d’anémiée

Elle s’est rembrunie avant l’arrivée du jour

Et s’est promis de porter ses rayons

Bien au-delà des ruches asservies

Si deux astres ne peuvent se partager nos rêves

Je choisis de suivre la lune

Je sais que l’océan son inséparable amant

Assèchera toutes les mers pour lui plaire

Emportera leurs flots calmes ou rugissants

Que les marées jamais ne s’éteignent

Ils m’ouvriront leur lit et je deviendrai fleuve

Jusqu’au torrent des origines

*

On traverse en barque la prairie

Où des fleurs nagent

Bercées par la brise.

La paisible respiration de l’eau

Invite au sommeil

L’enfant le plus turbulent.

Il cesse de sauter à la corde

Parmi les tournesols et les hippocampes.

Il dort en chien de fusil.

Chut ! ne réveillez pas la barque !

Elle aussi rêve d’une forêt

Ou d’une vague enveloppante.

*

Les peupliers aux cheveux blancs rêvent

Le vent souple souffle et les grise

Un chemin semé de cailloux clairs

Une porte bleue une autre rouge

Vous

J’arrive mais

Mais les arbres rient et m’appellent

Mais le vent danse et chante et moi

Dans son sillon je pose une part de moi

Haillons de pensées légères

Au sommet de l’arbre qui comme moi rêve

Et vous sourit

*

Les passants,

 

Leurs sourires éclatés

Bris de glace figés sur le visage

En bas, entre le menton décroché

Et la bouche fendue

On sent derrière la vitrine étincelante des dents

L’haleine retenue de souffler dehors

Dans l’œil mi-clos la froideur du reptile

Immobile court-circuit passe

Il fait si froid qu’à force tout s’engourdit

Et cesse de retenir l’intérêt.

*

*

Eclaircie

Elisa

Phoenixs

et moi-même (4Z2A84) aux commandes du rêve.

7 replies on “UNE PROFUSION DE RÊVES.”

  1. Éclaircie dit :

    On sait que les rêves sont souvent insaisissables, tellement que 4Z n’a pas pu les dompter et les mettre en ligne.
    Je prends donc le relais…et les rêves.

  2. 4Z2A84 dit :

    Merci Eclaircie. Quelquefois on a envie de jeter son ordinateur par la fenêtre…Ce serait dommage. D’autant plus qu’aujourd’hui, par exemple, les rêves nous entraînent loin de notre quotidien vers ces pays plus ou moins imaginaires où la vitrine étincelante des dents et les peupliers aux cheveux blancs qui rient et nous appellent ne sont pas insensibles aux amours de la lune – anémiée ou non – et de l’océan…

  3. Elisa R dit :

    Ici, nul besoin de fermer les yeux pour rêver, regardons la lune, le sommeil de l’eau et le mystère des nuits plus longues qui pointe le bout de son ombre derrière cet « œil mi-clos » et le froid qui s’installe.

  4. Éclaircie dit :

    Cette « profusion de rêves » semble s’achever par un réveil en sursaut. On l’avait pressenti auprès de cet enfant endormi en chien de fusil, ou sous le soleil quelque peu irrespectueux de la Lune. Pourtant les rires, les chants sont bien présents sans cependant faire oublier ce visage au bris de glace figés.

    Je lis les phases du sommeil, plus ou moins doux ou agité. Et je sais que demain, nous rêverons encore et nous vous dirons toujours.

  5. phoenixs dit :

     » Jeter l’ordinateur par la fenêtre » ? Et comment passeraient les océans sous la lune ? Il reste des promeneurs qui flânent sous les feuilles pliées en rêve, heureusement qu’ils éclipsent les visages froids de villes mortes !
    Heureusement que les ondes portent encore la lumière des mots…

  6. HenriPierre dit :

    Mon âme (21gr comme tout le monde) océanique et sensible aux marées a beaucoup apprécié.
    Salutations à tous.

  7. Éclaircie dit :

    Ravie d’avoir bercé votre âme, HenriPierre.

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