A QUEL PRIX L’AIR ?

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A quel prix l’air ?

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Sur la liste du futile et de l’indispensable

Une main lasse écrit : « La paix dans le monde ».

Elle est lasse de l’eau chaude et de l’eau froide des corvées régulières

De la lumière et de l’ombre qui vieillissent aussi

Elle ne se décourage jamais même si parfois

Elle préfère se poser sur les touches blanches et noires

Sur la liste du futile et de l’indispensable

Ce matin elle ajoute : « si ce n’est pas trop cher ».

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Ex orbitée,

 

Tourner sur le ventre rond

Du monde nombril à nombril

Marcher sur les restes gras abandonnés

Par des prédateurs gavés

Détourner les yeux de la rue rouge

Au front des cartons emmurés

Avancer, avancer en rang par deux

Par-dessus les soleils écrasés

Se taire, se taire et saigner des pieds

Pour avoir défié les incendies intérieurs

Puis sauter enfin

Hors du globe à l’infini sans retour

*

L’enfant transporte sur son dos

Un si grand sac qu’on se demande

S’il ne porte pas ses parents

Les emmenant au-delà de leurs peurs

Il a le sourire aux lèvres

Un regard dont on ne sait s’il comprend

S’il connaît le chemin

Ou avance pour le plaisir de savoir marcher

Sans qu’aucun poids ne l’entrave

Et lorsque aux confins du sentier et de la forêt

Il disparaît je ressens son bonheur à gagner la mer

*

La porte s’ouvre et se referme

Sur des paysages bâtis en rêve

Par des fleurs parfumées avec de l’encre noire

On les dessine rapidement du bout des doigts

Avant d’enjamber plusieurs ponts

Les rives ainsi atteintes sympathisent.

D’une étoile à l’autre on parle la même langue

Du pain partagé récoltez les miettes

Un cadeau dont les oiseaux ont besoin pour survivre

Dans une cité en cage

Comme dans les coffres où dorment nos économies.

Au lieu de donner du vin la vigne engendre des algues

Du chewing-gum pour les navires.

Sous la porte qui résiste le vent passe.

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A la viole de gambe : Eclaircie

Au tambourin : Elisa

A la cornemuse : Phoenixs

A l’orgue de Barbarie : 4Z

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4 réponses sur “A QUEL PRIX L’AIR ?”

  1. 4Z2A84 dit :

    Portons hors du globe notre passé. Partout l’air irrespirable s’associe au néant dans lequel l’avenir s’engouffre. Qu’il est doux de vivre avec une fenêtre, de partager avec elle un lit d’herbe bleue ! Sur la table le lait patient ne tournera jamais, le pain nous laissera le temps de conclure la paix avec nos pires cauchemars, du café brûlant s’échapperont des triangles d’oiseaux migrateurs. On fait semblant de vivre – et l’on se prend au jeu.

  2. Éclaircie dit :

    Je salue notre poème hebdomadaire, ses auteurs et le premier de ses commentaires.
    Est-ce la chaleur de l’air qui m’ôte toute aptitude à imaginer une phrase aussi belle ?
    Demain sera plus frais …

  3. phoenixs dit :

    La liste du futile et de l’indispensable est si longue que les enfants n’auront pas fini de porter leurs parents sous les portes, au delà des navires collés au port.
    « Ô mort vieux capitaine »…
    C’est fou ce que l’on retourne piocher dans les mots ceux qui parlent pour nous.
    Des ZEPHE sombres comme ce temps mort qui ne dit pas son nom.
    Heureusement les touches blanches et noires et des mains pour les faire vibrer.

  4. Elisa-R dit :

    Ce zephe est un bouquet, insaisissable tant il est fourni, sublime même si certaines de ses fleurs sont noires.

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