Quadruple arabesque

 

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La vague en cheveux ouvre la fenêtre

Et dans ce cadre apparaît comme un cygne

Aux ailes déployées

La proie surprise au bain

Par un paparazzi

Est éclairée de l’intérieur

La mousse et la neige s’entendent

Pour rivaliser avec la lune

Lorsque sans l’offenser l’allume

Le soleil aux aguets

On éteindrait le feu en soufflant sur les yeux

Des spectateurs cloués

Si dans le regard des plus vulnérables

Une lueur ne persistait pas

Comme une cage secouée la nuit

Au loin trop loin pour s’assurer de quelque chose.

 

L’axe perdu,

 

On prend racines en plein ciel

Branches plantées dans la boue noire

Tronc décorcé offert au vent

De passage

Les nids s’effondrent vides de coquilles

Nos oiseaux lyres s’en sont allés

Voler ailleurs une aile d’ange

Sourire au bec loin des rictus

Dessiner sur l’étoile nue

L’ordre inversé de nos folies

 

Une chose titubante avance vers nous

Les bras tendus devant elle les yeux fermés

C’est le sommeil en chemise de nuit

Le réveil est une cloche d’église trop lourde

Pour se mouvoir ici sans ses sœurs

Quant à ma nuit elle n’est qu’un long train

Roulant à très vive allure

Un train qui ne s’arrête pas et dans lequel je ne suis plus

Le fait est ordinaire pour un jour de septembre

La pluie dans mes chaussures aussi.

 

Quelle sera la musique accompagnant le rêve ?

Celle de couvercles frappés au sol ?

Lorsque pas un instrument à nos mesures

Ne tombaient sous la main fébrile

Ou tellement complexe à faire chanter

On en rejetait l’académisme

Émettre juste l’envie viscérale de prononcer autrement

Les cris que nous n’avions pas su lancer au temps

Où ils auraient pu n’être que gazouillis

Il nous reste à chercher le miel comme l’ours

La ouate pour affaiblir les chocs

Et les regards pour leur sourire.

 

Le quatuor « Par  la Poésie  et le Verbe  » :

4Z, Phoenixs, Élisa et Éclaircie

6 réponses sur “Quadruple arabesque”

  1. Éclaircie dit :

    Je savais qu’il convenait d’attendre ce lundi matin….pour savourer, avant la première sieste (pour moi) et le premier cours pour Phoenixs et Élisa (et vous 4Z quelle est l’activité du jour ? Lire, écrire…oui, mais quoi ?), notre devoir délice de rentrée .

    • phoenixs dit :

      Mazette : le cygne en chemise de nuit accompagné de la musique lunaire ou solaire, tout cela entre deux plumes d’ange, un bon début de semaine en poésie !

  2. 4Z2A84 dit :

    Les oiseaux lyres ou luths
    Traversent ce ciel dans lequel nos racines serpentent
    Quand nous accable le sommeil en chemise de nuit
    Toutefois un orchestre accompagne nos rêves
    Nous cherchons vainement l’ouate et le miel
    Dans le long train de nos ténèbres
    Quant au réveil il s’annonce comme une cloche trop lourde
    La mousse du bain et la neige nous éblouiront

  3. Éclaircie dit :

    Dans le train, le soleil préside le court voyage
    volets et fenêtres dans le couloir sombre
    enlacés comme des oiseaux lyres roucoulent
    (On doit écrire « l’ouate » ? c’est vraiment laid…tandis que « la Ouate » c’est bien plus doux !)

    En bordure des voix l’émotion viscérale
    nacrée luisante et fine explore avec ivresse
    le coquillage vide échappé de l’église

    Les chaussures aux portes de septembre engourdi
    s’effondrent d’un sourire dans l’axe de la piste
    la danse déhanchée au seuil de la nuit
    guette les bras tendus les anges en chemise

  4. Elisa-R dit :

    Je redécouvre cette merveille déjà lue en début de semaine. Les commentaires me viennent parfois difficilement (ou j’ai du mal à les donner faute de les trouver utiles pour les autres).
    Ce matin,entre le sommeil encore vif et les mots palpitant, j’ai perdu pied. C’était délicieux.

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