Les soleils vides

 

 

La course des astres,

Lentement la nuit reprenait de l’allure

Voile après voile pour sa danse sacrée

Aux ombres

Il n’y avait pas eu de saison et les soleils vides

Fourbus rentraient se coucher sans un mot

De trop les petites étoiles du matin filaient

En douce sous le lit lourd des rêves perdus

Et les agités gris semaient aux quatre riens

Leurs illusions pleines de sable humide.

 

De petits être verts nagent en tout coin du ciel

Mars est sorti de son orbite

On ne peut donc l’accuser

De cet horizon aux couleurs champêtres

Qui sait si demain ils prendront la teinte

Jaune rouille du soleil noyé

Ou l’accent grave d’un château aux tours envolées

Le poids des pierres les empêchent

De courir étreindre ces inconnus

Et les arbres jaloux de cette nouvelle notoriété

De concert abandonne leurs feuilles

La saison dans la coulisse pleure à chaudes larmes

Son entrée en scène est gâchée

 

Louis dort à l’orée d’une jeune forêt

Le temps se dissout dans la brume des continents

Tout est animal et piétine les braises

Pour éteindre l’incendie qui ravage les os blancs

Le silence se présente à la porte verrouillée

Il fredonne un chant doux comme un baume apaisant

Que l’oreille fatiguée devra inventer

Tout ici dort et vit à l’abri du futile

Les morts et les vivants réconciliés saisissent l’essentiel

L’immédiat dirige un concert de cigales

Sous une jolie tonnelle de rayons de soleil

 

L’écriture mène par le nez

Au bout de lui-même le poète

Il aperçoit alors son reflet dans la vitre

Que tous les jours un caillou casse

Dans l’ombre une fronde s’abrite

Puis armée commet ce délit

À la même heure quand au piano

Quelqu’un produit d’insupportables gammes

Je connais cet apprenti peu doué

Il me ressemble or je me vois cloué

Sur un des murs de mon étroite chambre

Une chambre qui tourne comme un manège

Nul moteur n’est à l’œuvre

Lorsque le silence subit l’assaut des mots

Avec résignation selon son habitude.

 

Avec : Phoenixs la tête dans les étoiles, Élisa à l’orée du concert, 4Z ou peut-être son reflet dans la vitre, et Éclaircie dans la coulisse.

 

Je remercie Phoenixs pour le titre et vous tous pour ce bel ensemble.

4 replies on “Les soleils vides”

  1. phoenixs dit :

    Les petits hommes se hâtent de retourner aux abris car il n’est pas garanti qu’ils obtiennent le droit d’asile 😉
    Le soleil brille sans doute mais qui éblouit-il ?

  2. Éclaircie dit :

    Le « soleil vide » sous l’assaut des mots, l’oreille fatiguée compose des chants, la saison ne quitte plus les coulisses, et les poètes bercés par la lune, fidèle à la nuit, nous offrent, cette semaine encore, un paysage subtil, magique que le lecteur ne se lasse de contempler.

  3. 4Z2A84 dit :

    Qui étaient ces « agités gris » qui « semaient aux quatre vents leurs illusions » ?
    Comment le silence parvient-il à fredonner « un chant doux comme un baume apaisant que l’oreille fatiguée devra inventer » ?
    Pourquoi l’ « entrée en scène » de « la saison » est-elle « gâchée » ? Le fait de se trouver « dans la coulisse » l’explique-t-il ?
    Autant de mystère que le poète, mené par le bout du nez, attribue à la vitesse de l’écriture et à la vacuité des soleils.

  4. Elisa-R dit :

    Ni vides ni vains, peut-être quand même les deux, les soleils d’ici brillent. Tous.

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