Sous l’écorce de l’aube

 

De la musique en toute chose,

 

Longer les temps anciens au fil d’un Fauré

D’une virgule bleue aux fenêtres de jasmin

Flâner sur la route de mer coquillage ourlé

De vent et de sel ocre

Quelque part dans la voix perdue d’une mélodie

Se dire le poing fermé que la vie vaut encore

Le coup de force et de gorge intérieure

La tête dans la nuit bercée d’étoiles.

 

Dans les arbres logent des dauphins qui sifflent

Et de jolies cloches qui chantent

Les fruits de saison ornent les cimes des tours

Sur lesquelles sont perchés des marchands

Enveloppés de houppelandes grises

Quand le ciel est en accord avec la transparence de l’eau

De grands oiseaux noirs venus des bois sauvages

Franchissent les hauts murs qui ceignent les villes

Invisibles à l’œil nu des enfants jouent à cache-cache

Tandis que des adultes à plumes rousses

Cherchent un refuge un asile ou un nid

Pour échapper au regard impitoyable des chasseurs de tête.

 

Tandis que la lumière pousse la lune

Dans ses derniers retranchements

Les arbres ignorent comment l’escorter

Dans son voyage dont ils ne savent rien

L’attrait de l’inconnu ne se mêle pas à la crainte

D’un univers inconnu sans plus de racine

Ils n’imaginent pas que la colline refusera de les accompagner

Pourtant au lever du jour rien ne semble différent

Seules les cimes inclinent légèrement la tête

Et les chuchotis qui en émanent

Ne doivent pas au vent leurs intonations

Il est depuis longtemps parti filant comme les étoiles

À la recherche d’un astre sûr et discret

 

Les secrets n’ont pas de visage

Sous leur masque on ne trouve rien

Qu’un petit gouffre dans lequel

On jette quelquefois une arme

Mais cette arme un écho solide la renvoie

A son propriétaire en fuite.

Quand nous perdons nos plus chers yeux dans un miroir

Ils s’y noient comme dans leurs larmes

Coupons l’eau pour ne pas pleurer

Les ponts avec le soleil pour ne voir

Que son dos

Quand il se met à boire

Trop de flaques d’un coup.

A son retour triomphal nul ne trinque…

 

Tableau en 4 dimensions avec :

Phoenixs pour la musique

Élisa pour le décor

Éclaircie pour le bruitage

Et 4Z pour la lumière

 

4 replies on “Sous l’écorce de l’aube”

  1. phoenixs dit :

    Rien que le titre nous protège des chercheurs de têtes rousses perchées sur leurs étoiles nues.
    Les bois sauvages n’ont que faire des miroir traînés le long de nos chemins où les arbres s’interrogent.
    Qu’importe nous ne saurons pas où vont les courses des enfants, mais chaque semaine nous porte de leurs nouvelles lumineuses.
    Un Zephe aérien.
    Pour Fauré : Puisqu’ici bas, poème de Victor Hugo mis en musique par ce musicien apaisant. A écouter interprété par une soprano et mezzo soprano.

  2. 4Z2A84 dit :

    De la musique avant toute chose et pour cela doit-on privilégier l’impair ? (Le vers de 11 pieds par exemple dont le poète Yves Bonnefoy mort il y a un peu plus d’une semaine, le 1er juillet, fait l’éloge). On a raison de se fier davantage à son oreille qu’au compte des syllabes. Flatté d’avoir su régler l’éclairage. Autour de ma lanterne à la flamme clignotante trois étoiles dont je salue la richesse d’inspiration brillent incessamment. Hors de son écorce l’aube annonce l’arrivée de l’aurore, laquelle se couche devant le soleil cet astre orgueilleux qu’on ne regarde jamais dans les yeux car malgré des qualités vitales pour l’homme il aveugle.

  3. Éclaircie dit :

    Je repasse découvrir vos riches commentaires, second plaisir après la découverte et l’agencement de vos compositions.

  4. Elisa-R dit :

    « L’écorce de l’aube », ce titre qui, à lui seul, laisse songeur est honnête : il promet beaucoup d’images et tient parole, avec élégance. Merci à vous trois pour celles que vous créez et qui m’enchantent.

    « Le poète, l’esprit du poète est une véritable fabrique d’images » Pierre Reverdy.

Répondre à Éclaircie Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.