Les coulisses du ciel

Poussés par le vent deux corps vides avancent
Qu’un soleil implacable lui coupe les ailes
Ils cesseront de se mouvoir
A peine habités
Par de larges silences incolores
De vastes étendues de sable ou de roche
Peut-être même entièrement vierges
De tout décor de toute lumière
Ce ne sont que des corps exposés au jour à la nuit
Et au temps qui passe Sur tout
*
Arracher le ciel,
 
Mieux vaut se couper les ongles si l’on veut laisser
Intacte la peau de vie
Dans la nuit des souffles inventés accompagnent
Nos portes closes et nos draps blancs
Nous ne saurons jamais si la dame sans visage
Ou l’homme sans maison étaient derrière le silence
Haletant, cliquetant, perf imaginaire accrochée
A l’insomnie inquiète
Mieux vaut se couper les ongles si l’on ne veut pas infecter
Nos pauvres ciels désincarnés
*
Le Ciel sait-il que nous le regardons
Parfois avec les yeux des autres
Car avant notre arrivée
Nos ombres ne nous précédaient pas
Ni n’annonçaient le retour du printemps
Aux arbres privés de concerts.
Avant le premier mot dans la bouche sèche
L’égoïsme des paysages
Détournait de nous les touristes
Nous ne jouions sur des scènes mouvantes
Que des mélos
En habit de clown.
Aujourd’hui tout refait surface
L’aurore surgit outrageusement maquillée
D’un bol de lait brûlant
Dans lequel du miel ondule.
*
 
Un être aux yeux humains
Parcourt un pan de ciel
Où sont inscrites des lettres rondes et trempées
Fil invisible entre les collines
Sa route se poursuit inlassablement
Parfois un toit plus luisant que d’ordinaire
Attire son regard et devient pour un instant
Cette couche à la pente dangereuse
D’où il se garde bien de bondir
Il sait l’océan tourbillonnant de lames
Prêtes à le déchiqueter
Dernier vestige du temps avant l’orage

*
Mise en scène de Phoenixs, 4Z, Eclaircie et moi-même. Avec l’aimable participation du soleil, présent ce jour dans les coulisses.

4 replies on “Les coulisses du ciel”

  1. phoenixs dit :

    Voilà un ciel habité d’ombres, de lames océaniques, de clown défait qui suspend ses haillons sur une branche solaire; les corps eux, brûlent de silence et mordent les trous noirs.
    Il faudra du temps pour se renverser à l’endroit.
    Un beau jeu de mots dans les coulisses mystérieuses. 😉

  2. 4Z2A84 dit :

    Oui le ciel ou ses succursales sont très présents dans ces textes dont la volonté de nous faire décoller trouve en nous des aficionados. Certes le danger vient souvent du fait que nos quatre murs nous contraignant nous sautons par la fenêtre. Mais quand la rêverie rejoint le réel, l’Ailleurs s’offre comme un paradis d’où l’on ne nous chasse pas pour une simple histoire de pomme !

  3. Elisa-R dit :

    Mes déboires avec google se faisant moins pesants, me voici.
    De ciels en ciel, d’un regard à l’autre nous tournons nos têtes dans la même direction : l’ailleurs, l’autrement, l’inaudible.

    Un beau ZEPHE !

  4. Éclaircie dit :

    J’ai aussi rencontré quelques difficultés à passer voir nos « ciels », que ce soit par la salle ou par les « coulisses ».
    Pour les passants, il est intéressant de préciser que pas un thème commun n’est à l’origine de ce PPV.
    La liberté totale nous a tous conduits vers le ciel bavard ou silencieux, funeste ou ignorant. Époustouflant.

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