Des eaux sculptées.

DES EAUX SCULPTEES.

*

C’est quand le vent chasse les nuages

Que nous revient en mémoire la présence de l’invisible.

Celui qui secoue une seule branche dans un arbre

Clin d’oeil mi-drôle, mi-terrifiant.

Ou celui qui effraie l’ange déguisé en pauvre homme

Parsème son parcours de corps étranges

Qu’il est seul à percevoir

Et qui donne à la trajectoire de son errance

L’apparence stupide d’une chaloupe en détresse.

*

Les chaises s’écartent de la table

Pour laisser asseoir

Le vide   Et le vide s’anime

En un joyeux souper

Dès le potage la louche heurte délicatement

Un verre et soupire d’aise le grand lustre

On n’entend ni le bruit des cuillers ni celui des lampées

Seuls les poissons tombant dans les panses

Émettent un petit « hou »

La nuit aux fenêtres se hâte et jette un froid

Sur les terrasses et paliers

La flamme après les liqueurs dans un geste large

Dessert et range en petites bûches bien serrées

Les restes des meubles et des invités

Dans la clairière la maison se retranche dans son silence adoré

*

Blanche est la mer ce matin de décembre

La neige ne fond pas assez vite sur l’eau

Mais les vagues en gris ne se font plus attendre

Ni pour le poissonnier fébrile ses bateaux

L’arbre qui se suspend au ciel produit des flaques

De lumière où l’on voit exploser les oiseaux

Plumes et flocons créent des pluies de confettis

Au-dessus des jardins et des rues en terrasses

Quand le soleil se lève on lui jette des trilles

On le presse et son jus réjouirait nos papilles

S’il était servi dans des tasses.

*

Comment fantomette a fini en maison de retraite,

 

Quittons un temps l’absurde

Pour retourner sur les pas

Imperméables en bottes de sable

Traces menues d’une autre époque

L’amour flottait entre deux songes

Et les prouesses poussaient leurs ailes

Plus loin que nos courses insensées

Qui ne menaient à rien

Nous voici sages et pliés entre deux pages

Relisant sourire en coin

Ce qui animait nos desseins flous

Sous le pétale desséché qui nous tient lieu de mémoire

*

Sur la chaloupe en détresse : Elisa

Agrippée au lustre qui soupire d’aise : Eclaircie

Entre deux pages avec un pétale : Phoenixs

Sous une neige en chocolat : 4Z.

*

4 replies on “Des eaux sculptées.”

  1. 4Z2A84 dit :

    De rêverie en rêverie on explore des univers dont il est impossible de faire le tour sans y laisser des milliards de plumes.

  2. Éclaircie dit :

    Cherchons notre mémoire dans les eaux sculptées, les confettis au dessus de la chaloupe dansent avec la seule branche, lignée des oiseaux qui offrent des plumes au silence.

    • phoenixs dit :

      J’ai bien aimé la flamme qui rangeait les invités en petites bûches bien serrées, c’est un peu ce qui nous attend sous le soleil dans les tasses alors que nous rêvons d’un jus savoureux en terrasse pendant que notre barque chaloupe sous les oiseaux explosés.
      Ce rendez-vous à huit mains dans le silence adoré est une manière de rester debout l’air de rien avec nos plumes chocolat amer.

  3. Elisa-R dit :

    Après vos commentaires, mon silence ne se remarquera pas tant ce qui devait être dit l’a déjà été , et assez joliment. Quant à moi, je laisse ici le mot qui s’est porté volontaire (avec le sourire) pour illustrer nos prouesses du jour (et je l’avoue, surtout les vôtres) : charmant !

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