72 mars

72 mars,

Nous irons en chaussettes marcher sur les nuages

Pour ne pas froisser nos voûtes célestes

Comment, sinon, poursuivre la marche muette

Des grands anges morts ?

Avec nous des ailes dépliées, des oiseaux peints

Des éventails de jade

Pour nous tenir compagnie, donner de l’air

A nos grands bras lourds

Nous irons sans revenir saut de carpe dans les brouillards

Nous perdre hors saison, hors raison entre les lignes de la main

Tendue

Nous irons et le ciel fermera les yeux sur nos égarements

De grands rêveurs perdus

La foule se rassemble

autour de notre nid

l’arbre des greniers tremble

l’ombre des lacs brunit

on arpente l’azur

sans réveiller le sable

sans rouvrir de blessure

sans trouver son semblable

l’oasis se balance

et vous asperge d’eau

vous qui voulez qu’on danse

par couples dos à dos.

La mer a disparu et les poissons inquiets

Se terrent dans la boue sans la moindre parole

Le sable ne sait plus comment gagner le large

Ni raviver la teinte estompée de ses grains

La rivière attentive à sa source remonte

Cherchant d’autres chemins menant à l’océan

Une vague éperdue du tranchant de sa lame

Défie le dieu des vents qu’il lui rende l’espoir

De retrouver le sein nourricier et fécond

Celui qui l’a bercée du jour de sa naissance

Offrant toujours la force de porter au plus haut

Les grands navires noirs jusqu’au soleil couchant

.

Il ne porte rien d’autre qu’une  longue houppelande

Parsemée d’étoiles et de signes étranges

Il voyage seul, avec tous les autres.

Ange ou diable sagement assis à sa place dans le train

Réputé pour ses mille paires d’yeux

Il sourit, pour lui, sans rien attendre.

Et l’on entend le bruit lointain des chaînes

Libérées de ses chevilles et de ses poignets.

Il cesse un instant de sourire et un nuage cache le soleil

Brièvement, puis ses oreilles donnent à entendre

Les gémissements des chaînes désormais entravées

Par d’autres chevilles, d’autres poignets.

.

Les auteurs : Élisa, Phoenixs, 4Z2A84 et Éclaircie,

Le titre appartient à Phoenixs.

8 replies on “72 mars”

  1. Éclaircie dit :

    Un fil mince mais solide relie les paragraphes de ce fameux jour de mars. De l’océan est sortie la foule ; de cette foule quelques couples dos à dos, rêveurs perdus, seuls au milieu de tous les autres.

    Bon voyage en PPV !

  2. Elisa-R dit :

    Oui, j’ai vu aussi ce fil sur lequel glissent et jouent-même graves- nos voix. Un beau PPV !

  3. 4Z2A84 dit :

    Désolé mais je ne vois pas le…fil. Sinon celui de l’amitié. Ce qui à mes yeux n’empêche pas cette suite d’être d’une richesse qui laisse pantois. J’ai l’impression de me trouver dans la fameuse caverne des voleurs dans le conte des Mille et Une Nuits dont le héros se nomme Ali Baba. Mais en plus de l’or et des bijoux j’y découvre des tableaux et des images, j’y visionne des films, j’y éprouve d’agréables sensations, le Merveilleux s’y donne libre cours.

    • phoenixs dit :

      Qu’il soit ange ou diable ( dans le fond c’est du pareil au même) le mot public ou solitaire, finit sa course hors de l’océan, dans la houppelande infinie des mystères.
      Nous avons, chacun à notre manière, tissé des visions, l’essentiel du travail restant à les porter.
      J’espère qu’Eclaircie pourra rendre son  » s  » aux rêveurs perdus. 😉

  4. Éclaircie dit :

    Oupss, je ne sais pas où s’est enfui ce « s », je viens de tout relire pour tenter de voir s’il ne s’est pas glissé ailleurs, n’hésitez pas à me dire si vous l’apercevez.

  5. Brindille dit :

    C ‘ est moi qui l’ai .. il m’en manquait un (S) pour S O S…….mais je vous ai RE-trouvé,
    Et, tout va bien
    J’ ai passé un super moment à vous lire
    Merci

  6. Éclaircie dit :

    Coucou Brindille, très heureuse que ce S fugueur ait pu se réfugier sous ton aile !
    passe et Re-passe quand tu veux, tu es la bienvenue !

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