« L’eau se bat pour survivre ».

« L’eau se bat pour survivre. »

*

Plus un mot ne sortira des nombreuses bouches du soleil

Ni des notes noires qui nous sourient posées sur une branche

Et s’envolent un peu plus loin quand on les approche

D’ailleurs la feuille elle même est si troublée

Qu’on ne sait plus dans quel sens la tenir

Ni comment garder en main une matière si brûlante

Entre deux pluies, deux mensonges et deux possibles

Le jour se passe, la nuit s’étire. Sans différence.

Les portes vers le monde s’ouvrent et se ferment

Enfer d’obscurité ou naissance de la lumière

Faut-il choisir si vite quand on possède en héritage l’éternité ?

*

Une lumière indécise effleure les paupières

Copeaux de bois sur visage terre

Le sourire se creuse dans l’océan sud

Quelques grondements derrière le front

Parviennent aux oreilles

Sang battant sous la tempe du temps

Palpitation de joie des voyages à venir

Ou la crainte indicible de la tête qui roule

S’enroule loin des corps emportant la pensée

Déraison des âges d’enfants sans contour

Orage du printemps plus furieux que tous les torrents

Où l’eau se bat et se débat pour survivre

Loin des brouillards et tempêtes

Au lit des ruisseaux dans un sommeil tranquille

*

Le chant de la nuit,

 

Je sais que tu grondes dans les trous

Noirs qui t’ont fait naitre

Allez savoir pourquoi

Tu grognes et frappes ton front aveugle

Contre les murs que tu as dressés

Tu cries que ce n’est pas toi

C’est le jour et sa lumière

Qui t’aveuglent et te rendent folle

Je sais que tu rampes sans trouver de sortie

Il nous reste à poser des étoiles partout

Pour finir de te crever les yeux.

*

Le roi coupe des têtes

Dont la sienne.

Les têtes coupées se souviennent

De l’époque où on les poudrait

Pour les montrer aux visiteurs :

Femmes hommes et androgynes venus de loin

Sur des bateaux à roues à aubes

Leurs serviteurs robots courtois

Préparaient et servaient le thé…

Devant les têtes exhibées quel silence !

J’étais parmi elles – ou parmi eux –.

Pour détendre l’atmosphère

Je faisais de grosses bulles avec mon chewing-gum.

Quand elles éclataient personne ne riait

Pas même le robot qui devint roi.

*

*

On a lu :

Eclaircie,

Elisa,

Phoenixs

et 4Z.

Qu’ils soient chocolatés !

*

4 réponses sur “« L’eau se bat pour survivre ».”

  1. 4Z2A84 dit :

    Faut-il une mort pour hériter de l’éternité ?
    Faut-il que la tête qui roule emporte la pensée ?
    Faut-il que le jour et sa lumière nous rendent fous ?
    Faut-il perdre le Nord sur des bateaux à roues ?

  2. Éclaircie dit :

    Il faut beaucoup de chocolat pour appréhender ces mondes. Têtes coupées, yeux crevés, et pourtant l’éternité offerte. Nuit et jour confondus, dans la déraison des âges, toujours autour d’un thé, bercés par un chant lumière.

  3. phoenixs dit :

    J’ignore si le robot monté sur enfants ou têtes coupées a réussi à garder le pouvoir, mais la nuit est terrible qui le porte à bout de bras.
    Des mots noirs cette semaine, ils mériteraient un verre de bière pour pétiller 🙂

  4. Elisa-R dit :

    Des têtes qui roulent ou que l’on coupe, des sourires, des fronts et des murs : il existe des chemins secrets entre les univers et je vous soupçonne de les avoir devinés, depuis toujours.

    C’est un très beau ZEPHE !

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