Les fougères

le sourire des bois s’est éteint
quand les fougères en boule
roulèrent droit devant elles
à toute vapeur

les crimes qu’elles commirent sont innombrables

des caves goûtèrent au ciel
pour la première fois
leur maison devenue folle
s’exerçant au poirier

accusé de rondeur et d’envies de tourner
le soleil fut prié d’éblouir plus loin

le sourire des bois s’est éteint
quand des fleurs échauffées
coursèrent la pluie

par les chemins et les rues
des mains papillonnaient
puis se posaient gravement
sur un visage

chacun en l’autre voyait la nuit
que d’épaisses bougies éloignaient

on vivait seul
obscurément
saisi de torpeur et d’ennui

mais cela importait moins que le bruit des fougères
roulant en boule à toute vapeur

le sourire des bois s’est éteint

4 réponses sur “Les fougères”

  1. phoenixs dit :

    Voilà des fougères folles qui méritent qu’on s’y arrête +++

  2. Éclaircie dit :

    J’ai adoré « les maisons s’exerçant au poirier ».
    Tous les éléments sont étrangement anonymes et surprenants et me ravissent.

  3. Elisa-R dit :

    Les valeurs endormies s’éveillent, colorées et vivantes. Et le carcan de la torpeur s’efface au passage de ces fougères effrayantes.

  4. egfrild dit :

    phoenixs, Eclaircie, Elisa-R, merci d’avoir regardé passer ces fougères.

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