La traversée des doubles

 

 

La mer à boire,

Chacun son esquif

Avec ou sans équipage

Avec ou sans voyage

Au large ou à quai

Invincible poursuit

Un périple unique si commun

Pied marin ou pas

Il va sans jambes en mirage

Oasis asséchée

Vers l’abysse endunée

Qui l’attend sans ciller

 

C’est la semaine à deux têtes

Ceinturée de jours en simili mois elle se déhanche

Et danse sous le regard des pauvres fous

Qui ne la quittent plus du regard et oublient

Oublient qu’il fait beau et que les fleurs sont maquillées

Oublient qu’ils sont jeunes mais déjà moins qu’avant

Oublient qu’ils étaient libres avant d’accepter leurs chaînes

Elle danse et rit, les embrasse en passant puis tourne sur elle-même

Si vite

Que ses baisers deviennent morsures et ses caresses gifles terribles.

 

Tapis sous les sourires les mots parfois explosent

Donnent naissance à mille mouches vrombissantes

Que pas même le joueur de flûte ne parvient à éloigner

Le ruisseau ne se fait plus entendre

L’océan ignore quand il sera désaltéré

Seule la lune parvient à ramener le calme

Les yeux fermés voient alors des papillons

Et les heures s’enchaînent interminables

Avant que la couleur ne réveille le bourdon

Aux mouches il ne reste que les pattes

Pour se coucher entre les lignes

Et les rires éclatent comme bourgeons de cerisier

 

Nous n’avons d’yeux que pour des paysages

Parmi lesquels notre identité se dissout…

Accordez-moi la patience des toits,

Leur résignation sous la pluie.

Dans chaque goutte un monde tremble

Comme autour de l’œuf la gelée.

Le centre est une lune avare,

On y cultive trop la neige

Pour ne pas craindre le verglas.

Son masque de beauté rajeunit-il l’orage ?

Mes mains creusent leurs gants dans la boue – Rien n’étonne

L’arbre où tous les corbeaux s’abritent quand il tonne.

 

Nous invitant sur la mer : Phoenixs

Dans une étrange semaine : Élisa

Le poète ganté : 4z

Mouche ou papillon : Éclaircie

 

 

7 réponses sur “La traversée des doubles”

  1. Éclaircie dit :

    La veille du printemps a ce goût original de traversée avec ou sans voyage, de semaine qui danse, de mouches se changeant en papillons sous le toit de l’arbre patient.

    Surchargée de travail, fêtant les mots entre amis, dans sa tour la tête dans les nuages, les mots au bord des lèvres…Les poètes aux quatre coins de la poésie saluent les passants.

  2. 4Z2A84 dit :

    Quand « les ruisseaux ne se font plus entendre », les poètes haussent le ton. Eux aussi savent que l’eau et la parole peuvent partager la même pente et ainsi paradoxalement s’élever. La « traversée des doubles » s’effectue en barque. Cette barque on la trouve sans la chercher sur beaucoup d’aérodromes et même ailleurs. On doit y réserver sa place par courrier du cœur.

  3. phoenixs dit :

    Se dépêcher de prendre le temps avant que la danseuse nous frappe sans nous voir dans un paysage dissout.
    Nous passons, une fois par semaine, à travers le chas de nos vies éparpillées et parvenons à chaque fois à nous retrouver sur le bord des mots sans tomber.

  4. Elisa-R dit :

    « La traversée des doubles » est une explosion de couleurs, un bouquet merveilleux d’images ! Il me faudra plusieurs lectures pour, enfin, les voir toutes !

  5. josy dit :

    Parfois on laisse le silence faire les choses
    On cherche dans les mots ce que la cigale chante
    un ilot de verdure d un songe silencieux
    un goût de menthe sur les lèvres
    l escalier d un aveu
    le ciel qui verse ses couleurs
    on trouve de tout dans le silence
    et la tendresse se niche partout..

    On a des coins de terre sous les paupières
    des visages dans l azur des frissons
    on a le rêve qui écoute
    l équilibre du monde dans une extase

    Il y a les graines que je ferais lever
    l ivresse brutale de la joie
    des étoiles de lait quand vient la nuit
    et ton pouls qui bat la mesure

    Parfois on laisse le silence faire les choses
    on blottis les mots les uns aux autres
    et par le sillon de l ‘eau joyeuse
    qui coule ,qui plait et qui enchante

    Ton infini ouvre ses portes

  6. Éclaircie dit :

    Coucou Josy !
    Toujours ravie de tes passages, de tes commentaires ou des poèmes que tu nous offres.

  7. 4Z2A84 dit :

    Le silence fait entendre malgré lui un murmure sur lequel flotte votre très joli poème.

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