Les chapeaux

des chapeaux coiffent nos têtes
tandis que de puissants nuages toujours en cercle
devisent sur l’avenir d’enfants
guettant derrière les créneaux de la mer
la grande masse des sourires
présente autrefois dans la paille et dans les bois

mais qui se souvient de ces terres
conduites en douceur par la lune
terres aussi lointaines que le soir où les lampes
hachèrent menu les ombres
les rampantes les juchées les volantes
laissant sauves seulement
celles que chacun portait dans le cœur

presque entière la nuit fut mangée
le vent froid à l’étroit prit sa place

ce fut le temps des ancolies poussives
des arbres mal en point jusqu’aux racines
toussant dans les plumages
ce fut le temps des grandes fièvres
et celui des chapeaux
toujours sur nos têtes

3 replies on “Les chapeaux”

  1. Elisa-R dit :

    Au fil de la lecture, une forteresse émerge de la mer et l’on ne sait plus si elle garde en sûreté ou maintient dans les griffes de la nuit ces enfants qui espèrent. On ne le sait plus mais on tient fermement nos chapeaux sur nos têtes…

    J’aime beaucoup ce poème.
    Merci Egfrild

  2. Éclaircie dit :

    Bienvenue egfrild !
    « Nous » avons traversé bien des tempêtes, « nous » les vivons encore, derrière les « créneaux de la mer » et les « puissants (menaçants ?) nuages ». Ces chapeaux protègent-ils ou aveuglent-ils ?

  3. egfrild dit :

    Des chapeaux qui consoleraient, comme une veilleuse,, la nuit.
    Merci Elisa, merci Eclaircie.

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