C’était novembre – Vénus Khoury-Ghata

C’était novembre de tous les vacillements
Le crépuscule n’allumait plus les lampes coutumières
Les mains tendues pour arracher un peu de leur lueur à l’obscurité
ramassaient des battements d’ailes
La mère ouvrait les bûches froides avec ses ciseaux comme ventre
…..de volaille pour les farcir de crépitements
on essorait du même geste le seuil et le linge
on s’inventait des voisins grandiloquents avec des feux volubiles
on leur inventait des visages et une vaisselle au tintement solennel
stupeur lorsqu’ils déclinaient leurs noms gavés de pierres et le
….cimetière
comme point de ralliementVénus Khoury-Ghata, Où vont les arbres ?, Mercure de France, 2011, page 60.

4 réponses sur “C’était novembre – Vénus Khoury-Ghata”

  1. Éclaircie dit :

    « Ecrivain d’origine libanaise, elle vit à Paris depuis 1972. Elle a publié une douzaine de romans, et autant de recueils poétiques. Elle a bâti au fil des ans une œuvre riche, alternant poésie et roman, qui a été couronnée de nombreux prix, prix Apollinaire, prix Mallarmé…

    Née au nord du Liban dans le village montagneux de Bécharré, Vénus Khoury-Ghata effectue des études de lettres et débute sa carrière comme journaliste à Beyrouth. En 1959, elle devient Miss Beyrouth. Elle divorce ensuite de son premier mari et épouse en seconde noces un médecin et chercheur français Jean Ghata. En 1972, elle s’installe en France et collabore à la revue ‘Europe’, dirigée alors par Louis Aragon qu’elle traduit en arabe avec d’autres poètes. Le thème de la mort s’impose souvent dans ses poèmes, sûrement à cause des deux premiers drames de sa vie : la guerre civile et la mort de son époux en 1981. Son oeuvre est riche et abondante : quinze recueils de poèmes ont reçu plusieurs prix et ont été récompensés en 1993 par le Prix de la Société des gens de lettres et quinze romans, dont ‘La Maestra’ couronnée par le prix Antigona. Insatiable et passionnée, Vénus a su s’imposer très naturellement dans un monde d’homme et devenir l’une des plus célèbres écrivains et poétesses françaises. »
    Sur le site « http://www.printempsdespoetes.com/ »

    ___
    Poète que j’ai découvert sur le blog de « Egfrild », que j’ai eu envie de découvrir un peu plus.

  2. Elisa-R dit :

    Découverte passionnante : merci à toi Eclaircie et, indirectement, à Egfrild.

  3. 4Z2A84 dit :

    « Lorsqu’un arbre pleure toute sa sève
    qu’il se frappe l’aubier pour exprimer sa douleur
    qu’il se traîne à genoux autour de son écorce
    il faut lui parler le langage d’avril
    lui dire l’automne n’est qu’une invention. »
    *
    Vénus Khoury-Ghata.
    On lit ces vers dans l' »Anthologie de la poésie française du XXème siècle : tome 2″ (Poésie/Gallimard).
    *
    Merci Eclaircie. Excellent choix.

  4. egfrild dit :

    On entre avec de nouveaux yeux et dès le premier vers, dans cette écriture captivante.
    Merci Eclaircie.

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