L’horizon déguisé à la taille,

Des flots d’encre roulent
Charriant des brassées d’histoires.
Ici un chapeau, là le mariage surprenant
D’un verbe au front fier et d’un nom
Humble et timide.
Là, le parasol aimable d’une jeune forêt
Ici, la jambe longue d’une jolie paysanne
Aux hanches bien prises dans l’étoffe douce
D’une peau végétale.
Puis la source s’apaise et le flot se tarit.
Quelques couples s’enlacent sur les berges paisibles.
Tandis que d’autres, délaissés, s’en vont

Tête basse vers la terre de l’oubli.

***

Sous la main caressante les collines sont douces
La chaleur persiste dans les vallées qui la couvent
Il fait trop beau pour saisir l’horizon
Le tordre et l’essorer comme du linge
On prend par la taille les arbres affligés
Bientôt vos branches porteront de beaux fruits
Que des enfants mordront sans merci
Sur le ciel bleu les skieurs tracent des rails
Le soleil presse passionnément son pamplemousse
Le moteur des éventails ronronne
Un oiseau noir survole des reliefs de table

***

Nous irons sans retour
Légers et dépolis
Jeter le billet du voyage
Au fond bien décevant
Les sièges de skaï moite
Le paysage platement nu
Le sandwich moisi
Et les compagnons pris de phonie
Ont eu raison du fol espoir
Allumé dans le trou noir…

***

Parce qu’il nous faut toujours laisser une trace
Marquer un territoire
Afin de ne pas perdre plus que la mémoire
Là où les arbres sans feuilles n’ont que leurs branches
Pour atteindre le vent
Tenter de le retenir
Comme on s’accroche au sommeil dans le lit des torrents
Et le lever du jour nous rejette sur la berge
Étourdis avec un peu de sable dans la main
Tandis que l’eau se ride avant de disparaître

Dans cette montgolfière lestée, des passagers dans les nuages, 4Z, Elisa, bibi, Eclaircie ont tenté de le passage entre les gouttes pour traquer les masques morts de l’horizon.
Un message du soleil tenu entre des mains ensablées…

4 réponses sur “L’horizon déguisé à la taille,”

  1. Phoenixs dit :

    Beaucoup de sable dans ce PPV, de soleil pressé et d’arbres tendus vers l’ailleurs, une histoire de voyage humain, hebdomadaire, qui finit souvent par raconter une visite identique ici et là-bas ce lointain baudelairien que chacun cherche en soi…

  2. 4Z2A84 dit :

    Une belle entrée dans ce février 2016. De surprise en surprise l’esprit ne prend même plus le temps de souffler, mais c’est un sport que l’on peut pratiquer endormi, surtout lorsque l’ « on s’accroche au sommeil dans le lit des torrents « . L’horizon se laisse enlacer. Sous le masque se cache une source à visage humain, comme « sous le parasol aimable », « une jeune forêt ».

  3. Éclaircie dit :

    Depuis flots jusqu’à l’eau, des arbres affligés au paysage platement nu, un déguisement qui sied à l’horizon…ici et là-bas.

  4. Elisa-R dit :

    C’est un voyage, le billet reflète plus de couleurs qu’il n’en existe, le train aux larges fenêtres ouvertes comme des yeux curieux ne fait aucun bruit tandis que les passagers contemplent les histoires des paysages peints.
    Quand le voyage s’achève, un guide (aujourd’hui Phoenixs) nous accueille, commente habilement ce que nous avons vu et dépose, avec un sourire complice, quelques images merveilleuses qui s’animent, à l’infini.

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