Le masque dans l’aquarium à momie,

Chaos, fracas, sirènes, cris, claquements, rires
Lumière crue d’un jour aux entrailles exposées.
Flottement, déséquilibre, effarement, puis
Silence.
La nuit s’étire encore ensommeillée
Elle allume une à une les étoiles
Dessine d’un trait le croissant fin de la lune.
Elle donne à l’air le souffle frais qui lui manquait.
Tout prend sa place, tout s’apaise.
Quelque part au centre d’un néant de quelques heures
Bienfaisant et doux
Je ne suis plus qu’un arbre qui s’enracine
Une pensée sauvage qui revient à elle.
***
La pluie cherche son chemin
Sur les tuiles prêtes à la guider
Jusqu’au petit aquarium
Où les poissons assoiffés lissent leurs écailles
Ternes et dépourvues de la moindre pensée
Chaque goutte a dans ses bagages
Des sels et des fleurs de rhétorique
Un grand écran pour film fantastique
Sous-marin
Au cœur d’une cité engloutie
Dont seul le clocher tente encore de raisonner
***
Au lit !
.
Que ton lit soit creusé dans le flanc des montagnes
Ou qu’on le trouve ouvert de fossé en fossé
Comme pour ces sultans qui parmi leurs compagnes
Renonçaient à choisir
De peur d’en offenser

Il repose de toute épreuve et raffermit
Le courage de ceux dont les jours sont comptés
Il rend à la rivière envieillie sa beauté
Au solitaire anxieux
Son masque de momie.
***
On se plaît à croire que le sens a été donné
Du profond des catacombes stellaires
Comme si un esprit foisonnant
Avait décidé de s’ennuyer à créer le monde
Car enfin, qui pourrait-être assez stupide
Pour inventer l’homme ainsi ?
D’aucuns brandissent un os
D’autres un œil hagard
Mais nous savons bien les trous noirs et moi
Que seul le vide croque les réponses…

Tour de France en hiver : Des collines, Paris, Ailleurs, Nice. Nous voilà dans le train : Eclaircie, 4Z, Elisa et bibi à regarder passer le monde étrange sans bagages, presque clandestins, dans un voyage hebdomadaire qui nous mène chaque fois ici et là.

4 réponses sur “Le masque dans l’aquarium à momie,”

  1. Phoenixs dit :

    On a pas fini de parcourir et les étoiles et les aquariums de notre arbre enraciné à la pensée retrouvée ou perdue; la chorale poursuit son chant sans fausse note.

  2. 4Z2A84 dit :

    Recherchant les ennuis, un esprit foisonnant, un solitaire anxieux, décida de créer le monde. « Je ne suis qu’un arbre qui s’enracine, une pensée sauvage qui revient à elle » écrivit-il à l’aide d’un os trempé dans du sang. Ils cherchèrent longtemps leur chemin, la pluie et lui, parmi les tuiles d’un clocher raisonnable. Mais seul le néant leur apparut. Au bout de quelques heures l’homme fut embaumé.
    « Les bandelettes autour de la momie seront découpées. On en fera des rubans pour les cheveux des petites filles ou pour fermer les boîtes de dragées et de chocolat(s) » prédit Tante Ursule.
    *
    Décidément notre poésie s’enrichit de semaine en semaine. La caverne d’Ali Baba risque d’être bientôt trop étroite.

  3. Éclaircie dit :


    Un PPV, une présentation, deux commentaires qui me laissent muette… d’admiration !

  4. Elisa-R dit :

    Ah mais si Tante Ursule s’en mêle, nous n’avons pas fini de contempler, bouche ouverte, ce qu’il y a dans l’orbite du train et de ses fenêtres.
    A peine éveillée, j’envie sans jalousie le commentaire d’Éclaircie qui correspond tant à ce que je ressens.
    Merci pour le sourire et pour le voyage !

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