La transparence des puits

 

 

J’avais, sur le bout de la langue, un mot mort

Pesant comme le bois d’une table sous les jupes de l’ennui.

Le soleil et son bleu  repeignaient tout le ciel.

Moi, j’étais à la fois la nuit et le bateau, le vague et son âme,

Et même cet espace blanc qui succède à l’instant.

Je souris aux particules qui dansaient autour des têtes

Enveloppées de reflets et de lumière

Et cessai de marcher pour venir en ce monde.

 

Mes pas creusent ma tombe

Le lit définitif

N’en changez pas les draps

Le marbre fait la sourde

Oreille  il reste froid

Même sous les étreintes

D’une mère entêtée

Les rails se télescopent

Nous heurtons le ciel vide

Où l’imagination

Crée des puits de verdure

On contourne les murs

Quand ils se montrent nus

On cherche une fenêtre

A vider de son miel

Et de ses éclaircies.

 

On attendait la mer pour inventer une ile

Mais elle furieuse a submergé nos songes

Repliés dans nos lits atteindrons-nous la rive

Ou devrons-nous nager au-delà de nos mondes

Devenir ces galets polis par les torrents

Que jamais rien n’attache et qui terminent sable

Avec l’espoir toujours de regagner la plage

S’offrir à la folie des tempêtes et vents

Et chevaucher l’orage remonter les saisons

Devenir cette pierre et bâtir la maison

 

Une nature sentimentale,

On laisse aller le cœur

Enfin sorti de cage

Sans laisse, sans collier

Libre de ne plus être contraint d’aimer

Au nom d’une chanson incertaine

Et le voilà parti dans les creux et les vagues

Tranquille sans battement comme flasque

Méduse au pouls hésitant

Qui, lentement coule, ivre de sa légèreté

Transparente.

Rassemblées, assemblées, les voix de :

Élisa, 4Z, Éclaircie et Phoenixs

6 replies on “La transparence des puits”

  1. Éclaircie dit :

    Quelques soucis techniques ont retardé l’édition,…mais notre attente est récompensée par une palette de couleurs allant du noir à la transparence.

  2. Elisa-R dit :

    Oui, l’attente n’est rien quand on lit le résultat.
    De correspondances en différences, je me sens en terre amicale en sautant d’un poème à l’autre. Merci pour ce ZEPHE et pour vos écritures tant aimées.

  3. Toni Cervantes Martinez dit :

    étonnants poètes à la sensibilité des brises enchanteresses qui tant et tant de fois vont et viennent …de la rose citadine à l’églantine campagnarde, de la renoncule assoiffée de soleil vers la marguerite hautaine en pétales de pensées, de la violette allanguie au lit de ses mousses coquines, de l’élise à phonix sous l’éclaircie d’un 4Z attentif

    …des mots que des mots en vrac évadés de ma plume radieusement éblouie par l’éloquence de vos esprits attisés
    toni

  4. phoenixs dit :

    Le marbre serait bien utile en ces temps de tourmente, juste pour retenir la fragilité des vies insouciantes.
    Un zephe à l’os.

  5. 4Z2A84 dit :

    La mer et ses vagues, des puits de verdure illustrent cette passionnante suite de poèmes; l’esprit vit ainsi des aventures que la chair lui envie. On s’invente une île sur laquelle on bâtit une maison de mots armés comme le béton.

  6. Éclaircie dit :

    Beau ! ton commentaire, Toni, merci de nous lire.

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