Couleurs du temps

depuis plus de mille lunes
les rues s’élèvent à la verticale
et leurs habitants soucieux
de retrouver le confort d’un bon lit
quand pointe la nuit les gravissent
afin de rentrer chez eux
chez eux
de drôles de maisons peintes
à la couleur du temps
qui peinent à retrouver leur forme
tant les nuages d’un abord charmant
les tassent le soir
de leur ventre encombré

car ils s’arrondissent le jour
gobant la moindre douleur du pays
se gonflant de la plus grêle des souffrances
comme celle de l’enfant-poisson
aimant la pêche et qu’on repêche
toujours à l’aube
ou celle saisissante sous la pluie
de l’homme revêtu d’un genêt
en guise de pardessus

il y a seulement l’eau
qu’ils ne voient pas
recluse au fond d’un puits
essayant sans cesse d’en remonter
mais trahie continûment
par la même pierre

bien plus que sinueux
un curieux sentier mène là
dont la mémoire des derniers voyageurs
quelle que soit la saison ou bien l’heure
fleurit sombrement les fossés

8 réponses sur “Couleurs du temps”

  1. 4Z2A84 dit :

    Le Merveilleux marié au Surréalisme. Un régal !

  2. Orgue-rouge dit :

    bonjour, 4Z

    merci pour l’engouement

  3. Éclaircie dit :

    Parmi les couleurs présentées, celle-ci est ma préférée :
    « [i]il y a seulement l’eau
    qu’ils ne voient pas
    recluse au fond d’un puits
    essayant sans cesse d’en remonter
    mais trahie continûment
    par la même pierre[/i] »

    Un poème qui s’élève « à la verticale de la poésie ».

  4. Éclaircie dit :

    Oupps, je voulais mette la citation en italique, j’ai échoué…

  5. Orgue-rouge dit :

    je sais Eclaircie, ton mystérieux attachement aux puits, et puis ton poème ‘La poulie’ l’indique de belle manière.
    Merci de t’être penchée au dessus de celui-là.

  6. Elisa-R dit :

    Je collectionne les papillons mais je ne possède ni filet, ni poison ni boîte (ou seulement crânienne), ma collection appartient à tous ceux qui aiment, nez en l’air, mains dans les poches. C’est une des raisons pour lesquelles je suis si heureuse de lire ce poème aujourd’hui : vos images sont aussi belles (et libres) que « mes » papillons. Merci cher Orgue-Rouge.

  7. Orgue-rouge dit :

    De jour comme de nuit, il m’arrive souvent d’avoir des papillons devant les yeux, quand je vois de belles choses.
    Votre propos fertile en est une.
    Merci Elisa-R

  8. Toni Cervantes Martinez dit :

    le curieux sentier sinueux image parfaitement à mon sens ton inspiration dense de mystère et de sensibilité
    toni

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