Les larmes rouges du papi en tricot,

On a l’impression que la parole se perd
Or elle subsiste quelque part
Très loin dans l’espace ou ailleurs
Il ne faut pas aller si loin
D’ailleurs à chaque pas surgit un désagrément
Si nous marchions les pieds nus nous prendrions le risque
De mourir assassinés par un serpent
On reste assis sur ses fesses
Les siennes plutôt que celles d’un autre
Car faire confiance à l’inconnu
C’est comme boire son propre sang non filtré
Nous portons tous le même nom
Ainsi nos animaux de compagnie nous reconnaissent
Et quand nous ordonnons
Les arbres changent d’attitude.
***
Alcôves et ruelles ont le même sentiment
D’intimité bienheureuse
Loin des promenoirs et des avenues
Les livres qui s’y trouvent
Ont des lettres plus petites
Que dans les grandes revues
Arborant un langage visuel
Tellement éphémère que la rétine s’empresse
D’en oublier les couleurs criardes
De rechercher le fil de pages
À l’eau limpide permettant de deviner
Le moindre signe entre les galets
Que l’œil offre au cerveau pour un dialogue infini
***

Il faudra se tenir au guet
Regarder plus loin que soi
Prendre l’air à plein poumon
Sans retour possible
Si nous voulons dérober l’horizon
Aux corbeaux de malheur
Qui déchirent le ventre de l’espoir
***

Dans tous les sens le corps se désarticule
La tête se trouve quelque part, perdue, sur le gris d’un chemin.
Une toile blanche claque au vent
Esquif trop souple cherchant sa mer.
Tout finira par sécher même les larmes rouges
Qui colorent les regards fatigués.
La lune est là sous chaque pas
Pathétique et froid reflet
Du mirage de la terre.

Un 4 mains bien accroché : au guidon 4Z, à la dynamo Éclaircie, bibi au dérailleur et Élisa sur le porte bagage 😉

4 réponses sur “Les larmes rouges du papi en tricot,”

  1. Phoenixs dit :

    Cette fois-ci l’air ambiant a fini par toucher la vie, un peu de sourire, un peu de ténacité, mais la marche se fait plus lourde et désabusée. Difficile pour les mots de franchir, légers, les frontières humaines.

  2. 4Z2A84 dit :

    Les signes que l’œil adresse au cerveau pour un dialogue infini débouchent sur la-Lune-reflet-du-mirage-de-la-Terre, mais les corbeaux du malheur monopolisent l’horizon.
    De bien fâcheux évènements au fil de ces textes…conséquence peut-être de la fin de l’été et du retour du tricot.

  3. Éclaircie dit :

    La parole se perd ? Qui sait et …qu’importe ! L’écriture perdure, au delà de tous les mirages, malheurs, couleurs criardes et risques. Et les écrits, ici, sont le reflet de toutes les sensibilités à tous les courants de l’univers.

  4. Elisa-R dit :

    Trois lectures dans la même journée sans parvenir à étancher ma soif : ce ZEPHE est extra-terrestre, lunaire, poétique et dévastateur, magnifique « sans retour possible ».

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