Un poème de Fernando Pessoa.

*

« Je ne pense à rien,
et cette chose centrale, qui n’est rien,
m’est agréable comme l’air de la nuit,
frais en contraste avec le jour caniculaire.

Je ne pense à rien, et que c’est bon !

Ne penser à rien,
c’est avoir une âme à soi et intégrale.
Ne penser à rien,
c’est vivre intimement
le flux et le reflux de la vie…
Je ne pense à rien.

C’est comme si je m’étais appuyé
dans une fausse posture.
Un mal aux reins, ou d’un côté des reins,
mon âme a la bouche amère :
c’est que, tout bien compté,
je ne pense à rien,
mais vraiment à rien,
à rien… »

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Fernando Pessoa.
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Le Gardeur de Troupeaux (*)

4 commentaires sur “Un poème de Fernando Pessoa.”

  1. Éclaircie dit :

    Ce rien qui recouvre tant.
    Dans ce poème, ce rien semble d’abord léger, comme s’il était un tout, pour se rétrécir devenir pesant.

  2. Elisa-R dit :

    Ma lecture du poème, influencée par mon principal défaut (excès de contemplation)est sereine : ne penser à rien, j’oublie l’amertume, quel délice !

  3. phoenixs dit :

    Un de mes poètes préférés qui jugeaient les voyages bien inutiles puisque l’on continuait à y promener son ennui.

  4. 4Z2A84 dit :

    « Femme polyandre : qui a plusieurs maris simultanément. » (« Petit Robert »). En Pessoa il y avait plus de dix poètes. Ainsi en l’épousant vous deveniez polyandre.

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