TOUT BALCON REVE D’ETRE UNE BARQUE.

Tout balcon rêve d’être une barque.

*

Elle était princesse, il était dragon.

Ainsi naquit le rouge qui recouvre nos ciels

Et le bois de nos lits

Maintenant que dort pour toujours l’enfant vive

Qui chevauchait des nuages et poursuivait le vent.

Avec pour tout corps des tonnes de poussière ses descendants

Sérieux comme le fer des prisons

Brûlent tous les jeux enfantés pour que plus jamais

Ne repoussent les petites fleurs de la jeunesse.

Mille soleils enchantaient les albums et les prés du printemps.

Un seul a survécu, exilé en hiver.

*

Celui qui a passé son enfance dans un œuf

Echangerait sa vie d’adulte contre un séjour sur la Lune

Une destination appréciée par les âmes sensibles

L’aller retour ne coûte plus la peau des fesses

Il n’y resterait que le temps de voir la Terre de haut

Et de là lui faire un pied de nez

Mais très vite pris de remords il changerait d’attitude

Et se laisserait tomber dans le vide

Avec un petit parachute de rien du tout

En espérant atterrir dans une basse-cour

Près d’un poulailler où l’on se dispute

En soirée le choix du programme à la télé.

*

Les étoiles ont soif et partent rejoindre

Le ciel vert prairie à l’herbe gorgée d’eau

Seule la Grande Ourse rêve de blanc

Et tente d’approcher la Lune banquise éternelle

Dont la partie ombrée fera le meilleur des nids

Aux oursons frileux mais surtout craintifs

L’océan laiteux comblera leurs attentes

Lorsque le petit jour déchire le voile sec

Arbres et monts n’ont plus au-dessus d’eux

Qu’un espace vide de sens d’oiseaux et de couleur

À leurs pieds s’étale une poussière que pas un brin de vent

N’ose chasser par crainte du cratère béant risquant de l’engloutir

*

Ces époques intéressantes,

 

Des moulins sans ailes,

Si peu important dans ce monde bouillonnant

Peu de place à l’homme.

Aucun intérêt pour la vie que nous menons par des bouts de ficelle.

Il fait presque nuit.

Des barques glissent sous les rayons noirs.

Déjà des corps mous coulent sans un cri.

Sans agiter la moindre vague.

Rendus à l’énorme absence de la vie qui passe sur les ombres en peau de chagrin.

Qui pleure accoudé au balcon sans visage ?

*

Au piano Eclaircie

A la guitare Elisa

Au saxo Phoenixs

A la grosse caisse 4Z.

*

 

 

3 commentaires sur “TOUT BALCON REVE D’ETRE UNE BARQUE.”

  1. 4Z2A84 dit :

    A chaque vers comme à chaque pas on découvre d’autres mondes.

  2. Elisa-R dit :

    Et ces mondes, parfois, se rejoignent.

  3. phoenixs dit :

    Et pourtant de banquise sautée en petit parachute à l’ourson frileux qui n’en reviendra pas
    on glisse sur la peau des étoiles…

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