A l’ombre de l’été (les derniers chants  d’un condamné (à revenir))

*

La nuit n’y peut rien

Elle observe le monde aux lumières trompeuses

Elle berce son sommeil agité

Fredonnant des chansons psalmodiées ensuite

Par les faibles d’esprits et par quelques poètes

Insomniaques ou trop peu sourds pour dormir.

Elle étend ses longs bras invisibles et le jour

Fasciné lui cède un peu plus d’espace et de temps

Au fond du grand lit froid dans lequel leur amour

Éternel se déploie.

*

La lune et la nuit bienveillantes

Se prêtent à tous nos jeux

Défiler sur les pointes

À la crête des vagues

Elles offrent une marée cirée comme plancher

Nager dans un nuage

Sans crainte de la pluie

Elles enjoignent le vent à suspendre sa course

Par défi le sommeil

Jaloux de notre connivence

Cherche à nous entraîner

Dans des méandres flous

Elles invitent le jour et la lumière à poindre

Et tandis qu’elles s’éloignent

Sur les pages noircies

Demeurent leurs derniers baisers

*

La difficulté d’être en vie,

 

Tu ne portes jamais chaussures à ton pied

Ni cheveu bien plié

Ni pensée sertie de boyaux de chants

Ni chants dans la voix des anges

Ni bête qui macère dans le pur

Ni transparence pour étoffer tes nuits.

Tu ne sais pas qui tu es

Ni même s’il serait bon que tu sois

Autrement d’ailleurs ou de nulle part

Car

Rien ne te va

Rien ne te vêt

Mais

Rien ne te vaut.

*

Des notes de musique errent dans le couloir

Elles accompagneraient le condamné

Jusque dans la salle où son exécution est prévue

Mais lui ne les voit pas ni ne les entend il songe

Que quelque chose sur le point de se produire

Se fait attendre

L’imminence d’un miracle brûle son cerveau

… Demain je me réveillerai

Et tout sera oublié

La normalité triomphera de l’hypocondrie et de la fièvre

Une invisible musique me nourrira

Je n’aurai qu’à l’écouter pour vivre.

*

Un ZEPHE chanté sur tous les tons par Eclaircie, Phoenixs, 4Z et moi-même. Tout cela dans le désordre et la bonne humeur.

 

4 réponses sur “A l’ombre de l’été (les derniers chants  d’un condamné (à revenir))”

  1. Elisa-R dit :

    « Je n’aurai qu’à l’écouter pour vivre » et j’emprunte ces derniers mots car la vie s’enrichit de chaque vendredi à vos côtés.

    Encore un beau voyage en terre fertile !

  2. 4Z2A84 dit :

    Quand la poésie s’en mêle les vacances ne finissent pas ni les tracas de la rentrée ne nous concernent. Il suffit de lire les compositions qui précèdent pour se persuader que nous sommes à l’abri du désappointement comme de la sécheresse et de l’insensibilité.

  3. phoenixs dit :

    Vivre entre le jour et la nuit l’intermède impossible, vivre sous le nuage sans miracle sans menace aussi. Heureusement que la passerelle des mots permet de franchir ces gorges.

  4. Éclaircie dit :

    « -La nuit n’y peut rien
    -Une invisible musique me nourrira
    -À la crête des vagues, rien ne te vaut.

    Le jour fasciné, sur les pages noircies, se fait attendre »

    Lorsque idées et mots se répondent…

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