Un poème de Tomas Tranströmer

« PASSAGE CLOUTÉ

 

 

Un vent glacial dans les yeux, et des soleils qui dansent

dans le kaléidoscope des larmes lorsque je croise

la rue qui m’a si longtemps suivi, cette rue

où l’été du Groenland brille sur les flaques.

 

Autour de moi voltige toute la force de la rue

qui ne se rappelle rien et ne veut rien non plus.

Et au fond du sol, sous la circulation, la forêt

à naître attendra calmement pendant mille ans encore.

 

Soudain, j’ai l’impression que la rue m’observe.

Son regard est si terne que même le soleil

rappelle une pelote grise dans un espace obscur.

Mais je luis en cet instant ! La rue m’observe. »

.

Tomas Tranströmer  (« La Barrière de Vérité » 1978)

Traduit du suédois par Jacques Outin.

Une réponse

  1. Éclaircie dit :

    Dans ce poème, on note l’influence du cadre de vie de l’auteur. S’y mêle une part personnelle de merveilleux. Rue vivante, personnage qui a des aspirations et des réactions humaines.

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