Fin des bégonias,

Les résidents retrouvèrent le petit monde, devenu familier, des touristes du macabre et des croque morts de la sensation forte. On déroula les circonvolutions causales, consécutives, butées et sourdes.
Certains y perdirent leur latin, d’autres leur cyrillique.
C’était Babel.
Anthelme naviguait accroché à son sourire public de bon aloi qui semblait en dire long.
– Je suis sur une piste
– Je vais trouver
– Je sens que ça vient
Chacun le félicitait pour son flegme, son élégance de lieutenant urbain, ce raffinement dans les supputations et les hypothèses verticales.
On hasarda Poirot sans la moustache.
On osa même Holmes.
Les plus hardis lui demandèrent un « orthographe ».
Mais le « bouc à mystère » prenait de l’ampleur mystique.
Pas l’ombre d’une solution.
Un voisin des « Palétuviers » en vint même à penser qu’il s’agissait d’un œil de bœuf déposé pour conjurer le mauvais sort. A quoi une voisine des « Magnolias » soutint qu’il s’agissait d’un œil de vers comme dans la pantoufle de Cendrillon.
Bref.
On faisait chou blanc, on pédalait sur une mer de sarcasmes.
Le parquet s’impatientait et le ministre de l’Intérieur grillait son forfait en vain.
Le Barbier, qui suivait la « découpe » depuis le début, interviewa le légiste perdu « L’œil était vidé de sa sclérotique et le cristallin muet, il semblait que le meurtrier s’était acharné sur l’iris en utilisant un couteau Suisse dont il ne pouvait citer la marque ».
Ce n’est pas Honorine, encore moins Germaine Epinard qui dénouèrent « l’Affaire », c’est le pur hasard malicieux…

4 réponses sur “Fin des bégonias,”

  1. Phoenixs dit :

    La fin de la fin bientôt 😉

  2. Éclaircie dit :

    Ah! Ah !
    Encore un passage savoureux !
    Je ne risquerais pas d’aussi inventifs jeux de mots, j’ai hâte de connaître la version du « Pur Hasard Malicieux », personnage que j’ai très envie de voir arriver.

  3. Elisa-R dit :

    Pourquoi « la fin » ? Joli ce cadeau estival grinçant à souhait, délicieusement éloigné des sucreries habituelles.

  4. 4Z2A84 dit :

    Le hasard réussit souvent là où les hommes échouent, même les plus futés tel ton Anselme digne héritier du fameux londonien violoniste et opiomane. Mais pour ma part je ne souhaite pas que le hasard intervienne pour mettre un terme à un récit inventif où l’humour circule comme une armada de souris dans un grenier plein de friandises.

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