Le masque et la lune

 

Cette ombre sur la lune

Je l’efface avec une gomme

Ainsi dans ma nuit mieux éclairée

Je progresse avec moins de crainte vers la mine

La mine du crayon avec lequel j’écris ces mots

Parmi d’autres mots qui sont des rappels à l’ordre

Ne bois pas toute la mer

N’éteins pas le soleil

Caresse les montagnes dans le sens du poil

Rince les nuages avant de les suspendre

Parfois entraîné au bord de la page

Je me penche et je vois tourner la terre

De tous côtés volent les copeaux

Un taille-crayon joue en nocturne.

 

Tandis que volent au-dessus de nous

Les arbres aux ailes noires

Là-haut ou ici, un homme nu sort de l’eau

Lavé de sa violence par celle des vagues.

Quelques chemins se croisent, tous frères

A l’endroit précis où la pointe des angles morts

Transperce la peau fine et fragile de la lumière.

Tout se confond, rien n’est semblable.

La peur ressemble à la peur.

L’indifférence a l’odeur de la terre

Fraîchement posée sur le bord d’une tombe.

 

Le temps presse

Que presse-t-il ?

Pas les nuages partis bien au-delà

De la ligne d’horizon

Le temps presse la main du vent

Sur la joue des collines

Tous deux dessèchent la sève

Les bras des arbres se font plus lourds

Les teintes vives s’éteignent lentement

Dans son lit la rivière pensive stagne

Le temps presse les piles de draps

Dans la grande armoire

La trame usée n’a déjà plus de corps à protéger

Bientôt la pierre pressée par le temps

S’étalera dans le champ poussière prise par le vent

 

Rêve de cigale,

L’air de rien le soleil plie bagages

Sur le quai des nuages il descend

En sifflant sa chanson d’adieu

Un pied devant l’autre léger

L’on voit son dos doré s’éloigner

Tant mieux se dit la dernière cigale

Il est temps que je tape la fourmi

Rentrée de ses vacances laborieuses

Il est temps que je me glisse dans ses draps

Quand je serai masquée et qu’elle me prendra

Pour la lune finale…

 

Même au plus chaud de l’été, vos auteurs favoris* savent conserver l’élan poétique.

* : Élisa, Phoenixs, 4z et Éclaircie ( dont l’ordre d’apparition, sous le masque ou la lune, est sans rapport avec l’ordre alphabétique)

7 réponses sur “Le masque et la lune”

  1. 4Z2A84 dit :

    La fantaisie court d’un texte à l’autre et dans chacun de ces textes d’un vers à l’autre. Si la lune tombait le masque on la verrait sourire de bonheur, émerveillée par cette lecture.

  2. Elisa-R dit :

    Les rouages de la terre, comme ceux des horloges. Et le petit bruit tout discret « clic » : la lumière n’est plus la même ou bien nous, qui sait ?

    Ici, la lune prolonge ses vacances : chic !

  3. phoenixs dit :

    Des copeaux sur l’homme nu, une terre fraîche dans les plis du temps.
    Nous filons au fil du temps sans nous blesser.

  4. josy dit :

    Ce matin,
    le jour s’étire mollement
    et dans l’humeur qui piétine
    l atmosphère spirituelle tend sa bouche
    où l’on croirait recevoir le baiser du ciel

    Sous les feuilles complices
    de mes tendres désordres
    la nature délicate
    veloute ma peau

    Aux gémissements paresseux
    A l’haleine d ‘une rose
    Mes soupirs d ‘ambre
    cernent l’espace
    ma main détient ton coeur
    et ton visage se fond
    avec l univers dans mon désespoir.

  5. josy dit :

    toujours a vous lire discretement
    bien à vous tous

    bisou du Nord

  6. Éclaircie dit :

    Josy, merci d’être passée. La sensualité est ton registre, toujours.
    Bisou des 4 points cardinaux !

  7. 4Z2A84 dit :

    Josy poème de jolie…euh…joli poème de Josy. C’est qu’il est troublant ce poème !

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