SONGES OU NUAGES ?

Songes ou nuages ?

*

Le fond de la vallée se creuse peu à peu

Protégeant le secret des racines emmêlées

Comme autant de bras étreignant d’autres bras

Mains serrées mais ouvertes pour accueillir les flots

De rivières souterraines

Immobile si vous restez auprès des grands troncs

Vous entendrez le murmure des feuilles

Et si vous écoutez mieux un chant vous bercera

Signe de votre passé

Enraciné au ventre de la terre

Vous ne saviez pas qu’il vous faudrait

Marcher encore creuser toujours

Pour tenter de retrouver ce liquide

Encre qui vous permet de poursuivre votre quête

Miroir où vos traits s’adoucissent et se diluent

*

Aux portes des villes sont allongés de grands chiens

Qui dorment d’un œil l’autre surveillant les chemins.

Les ruines des châteaux se révèlent aux dormeurs

Quand la brume ensommeille les contours du présent.

Importuné par une mouche un ange voisin

Chasse d’un geste de la main

La mousse qui dissimule la dureté de sa pierre.

Derrière les murs épais d’une hallucination

Une âme se demande si un jour quelqu’un se souviendra

Du moment précis où le coin supérieur droit de la page

A été déchiré par les petits doigts charmants

D’un enfant qui aux rêves trop fous préférait les jeux sages.

*

Fondue enchaînée,

 

Quand on a vu le roi tomber dans la boue

Sa couronne en carton et ses rêves mâchés

Tout bouillis à ses pieds nus

On se dit

On se dit

Rien.

Je cours, tu t’essouffles, on se tait

Les vagues sans cesse se renouvèlent

Nous pas.

C’est l’avantage.

Nos états d’âme nous permettront toujours de coller un peu de salive

Sur la sècheresse des temps

Avec l’illusion qu’elle passera mieux dans nos os.

Noirs.

 

Au roi Lear.

*

J’avais déjà tout préparé

Pour une traversée sans risque

Sur une barque sans pilote

En direction du bleu du ciel

Et dans le dessein de le boire

Quand l’écorce en serait fragile

Et souples les flancs sous mes mains

Le soleil à peine levé

N’y verrait vraiment que du feu

Occupé à des carnations

Dont il maîtrisait la technique

Et les arbres deviendraient bons

Pour une pause méritée

Leur ombre nous accueillerait

Nous n’aurions qu’à nous allonger

Dans l’herbe qui les ensorcelle…

Quand le coq a brisé mon rêve.

*

Signent ces merveilleuses compositions :

Eclaircie,

Elisa,

Phoenixs

et 4Z.

*

4 réponses sur “SONGES OU NUAGES ?”

  1. 4Z2A84 dit :

    Sous terre comme aux portes des villes le Roi Lear et le père Goriot se plaignent de la dureté de leurs filles. La musique et la poésie adoucissent les mœurs. Ecoutons, lisons et trouvons l’encre avec laquelle décrire nos plus chères émotions.

  2. Elisa-R dit :

    Songes, assurément, dans lesquels les nuages sont les bienvenus. Quelle fraîcheur, quel délice que ces vers là !

  3. Éclaircie dit :

    Festival de poésie sur PF !

  4. phoenixs dit :

    Boire le ciel entre deux racines, éviter la pierre, toujours la même, qui fait trébucher les chiens endormis, et continuer de tremper le temps dans l’eau bleue pour lui éviter de mourir sèchement.
    Avec une paille bien sûr, celle de notre production zéphée 😉

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