La mer en papillote

 

La mer en papillote,

 

Nous y voilà : au pied des vagues

Tu prends l’eau à plein seau

Et pèle sable tour après tour

Histoire de rendre au temps sa vacance.

Nous y voilà : au pied du jour

Tu prends le soleil à pleines mains

Et moule ta peau après peau

Histoire de montrer au crabe que tu en pinces

Pour l’aventure.

Tous ces mois en rêve, en sueur, emmitouflé

A grimper les sommets de l’espoir

T’y voilà au paradis du four à cuisson minute

Emporté parmi l’onde et les frisottis d’une mer

A pellicule qui s’en brosse…

 

La nuit voit surgir de terre des labyrinthes

Décorés de miroirs aux reflets inquiétants

La lune en tutu noir se balance accrochée à son fil

Beaucoup de fleurs sombrent en claquant des doigts

Dans le ventre de l’infini de fabuleux animaux grondent

Et geignent en une langue inutile et inconnue

Perdus depuis si longtemps ils ressemblent à présent

Aux Hommes et aux arbres tous liés

Par un sombre présage car le tranchant de la lune

Frôle bien trop souvent la blancheur attrayante et rare

De leurs corps que la lumière elle-même a refusé de voir

 

Le carrelage retrouve sa fraîcheur naturelle

Et accueille le pied nu

Comme un ciel de nuit accueille la lune

Un visage joyeux son premier sourire

Ou la banquise l’ours blanc après un repas gargantuesque

Les poissons devront attendre quelques marées

Pour échapper au bain bouillonnant ravageur

Les transformant en soupe sans qu’ils y consentent

Les volcans ombrageux sont à nouveaux

Les maîtres de l’étuve aux effluves de soufre

Tandis qu’aux confins de l’horizon

La terre craquelée espère encore son admission sous un déluge

 

 

L’hiver le souvenir de la neige et des luges

L’hiver ne dura pas plus d’un jour cette année

La mer ne jugeant pas les flocons dangereux

Chaque vague avalait sa part de papillons

Comme nous déjeunions d’avoine pour grandir

Venu du port l’appel des bateaux en partance

Attirait voyageurs clandestins et badauds

Mon ombre se moquait de moi quand sur les quais

Je cherchais parmi les colis le coffre plein

D’îles de gros poissons de sirènes et d’algues

Aurais-je été surpris d’y trouver des montagnes

Avec à leur sommet des neiges éternelles

Du large on rapportait de tout même du temps

Ce temps qui se perdrait si nous ne rêvions pas.

 

 

 

 

Papillotes ou bigoudis issus des têtes de :

 

Élisa, Phoenixs, 4Z et Éclaircie

dans un désordre artistique guidé par ma seule envie.

 

Le titre appartient à Phoenixs, que je remercie vivement.

4 réponses sur “La mer en papillote”

  1. phoenixs dit :

    Je sors de la mer pleine de vieilles têtes et retrouve ici les neiges éternelles d’un jour au détour d’une pèche enfantine qui attend la pluie en battant des mains dans la touffeur des mots.

  2. Éclaircie dit :

    La mer, la lune, la nuit, les vagues, le volcan, la neige et la marée : le lieu privilégié des sirènes et des muses des Pépévistes.
    L’aventure toujours sous le lumineux projecteur de la poésie.

  3. Elisa-R dit :

    Frisées ou argentées peu importe : ces papillotes se lisent sans fin.

  4. 4Z2A84 dit :

    L’Imagination est au gouvernail. En lisant cette suite de compositions magiques on prend le risque de se trouver emporté par un tourbillon dans un autre univers d’où l’on ne revient pas indemne.

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