Des cigales dans le métro au fond du parc,

Le mur nous sépare du monde

Où le sang se montre sans masque

Il est noir ou rouge selon

Le peintre et son modèle un homme

Ecorché de la tête aux pieds

Tableau dont le musée hérite.

Autour le public satisfait

Vante le travail de l’artiste

Or sur le même mur un clou

Rouillé retient captif le cœur

Du vieux gardien en uniforme

Auquel nul ne prête attention

Pas plus qu’à son âme envolée

Vers le plafond infranchissable.

***

La terre se creuse en un grand chaudron
Dans lequel une mer attirante
Appelle au bain les assoiffés
Végétal et minéral se mêlent à l’animal
Dont les poumons redevenus branchies
L’invitent à remonter le cours de la vie
Il en oublie l’écho de tous les sons terrestres
Redécouvre le silence et l’ondulation des lames
Et lorsque le soleil explose
Il se fige un sourire aux lèvres
Ses nouvelles écailles l’insensibilisant contre toute morsure
Un jour il sortira des flots mais avant de se redresser
La Lune lui fera promettre d’épouser la Nuit.

***

Sous tes jambes nues
La parole t’habille
Saluts, saluts lancés sourires
Blancs.
Je ne sais ce que ton masque lézarde
Ce que troquent tes yeux en aspic
Ces mots en poignée d’ortie fleurie
A l’endroit et à l’envers
Sous tes jambes nues
Les rites coulent incolores
Et te hissent sur tes talons
Anguilles….

***
Quelque part dans le fond d’un parc un vieil arbre oublié
Se souvient des peaux douces qui disaient en silence.
A la multitude colorée succède la torpeur
Une sorte d’effacement des êtres et des choses
Que nul ne contrôle.
La terre grise se maquille de soleils presque bleus
Elle extirpe de son cœur les derniers rires
Puis laisse l’ombre de son corps s’allonger
A l’infini
Et se dissoudre sans un bruit dans la bouche du néant.

Pour ce envol estival il y avait 4Z, Éclaircie pour tendre les voiles et bibi et Elisa pour tenir les écoutes, que le bon vent nous emporte sans nous jeter à l’amer.
Le titre est en partie inspiré par le parisien 4Z et la lointaine Elisa.

4 replies on “Des cigales dans le métro au fond du parc,”

  1. Phoenixs dit :

    Nous avons bien fait de tresser nos virtuels dans ce monde agité; au moins nous laisse-t-il l’espace de l’inventer ailleurs.

  2. Elisa-R dit :

    Cet espace et nos vendredis me semblent en effet indispensables et bienfaisants. Je me réjouis « Des cigales dans le métro au fond du parc » qui redonnent à ce jour les couleurs qu’il n’aurait jamais dû cesser d’arborer.

  3. 4Z2A84 dit :

    Que de richesses dans cette suite ! Nos yeux en aspic se plaisent sur la terre maquillée et sur le soleil qui explose au cœur du musée sans réveiller ni son gardien ni les cigales.

  4. Éclaircie dit :

    Les cigales sont difficiles à voir, comme cette âme en partance, comme la morsure de la terre grise, comme le visage derrière le masque.
    Pourtant au fond de notre parc, sorties du métro, du musée, plus loin que les sourires blancs, quatre voix donnent à entendre des chants sans cesse renouvelés. Et nous voyons le monde comme personne…

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