« Idéal Maîtresse » par Robert Desnos.

ROBERT DESNOS.

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«  Idéal maîtresse

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Je m’étais attardé ce matin-là à brosser les dents d’un joli animal que, patiemment, j’apprivoise. C’est un caméléon. Cette aimable bête fuma, comme à l’ordinaire, quelques cigarettes puis je partis.

Dans l’escalier je la rencontrai. « Je mauve » me dit-elle et tandis que moi–même je cristal à pleine ciel-je à son regard qui fleuve vers moi.

Or il serrure et, maîtresse! Tu pichpin qu’a joli vase je me chaise si les chemins tombeaux.

L’escalier, toujours l’escalier qui bibliothèque et la foule au bas plus abîme que le soleil ne cloche.

Remontons! mais en vain, les souvenirs se sardine! à peine, à peine un bouton tirelire-t-il. Tombez, tombez! En voici le verdict: « La danseuse sera fusillée à l’aube en tenue de danse avec ses bijoux immolés au feu de son corps. Le sang des bijoux, soldats! »

Eh quoi, déjà je miroir. Maîtresse tu carré noir et si les nuages de tout l’heure myosotis, ils moulins dans la toujours présente éternité. » 

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Robert Desnos.

« Langage cuit » – 1923.

2 replies on “« Idéal Maîtresse » par Robert Desnos.”

  1. 4Z2A84 dit :

    Lire : « …si les nuages de tout à l’heure… » et non pas « …si les nuages de tout l’heure… »…ah mais !
    En 1923 dans « Langage cuit » Desnos s’amuse. Trois ans plus tard dans  » A la Mystérieuse » puis dans « Les Ténèbres » il nous offre une suite de poèmes bouleversants.

  2. Éclaircie dit :

    Un vrai jongleur de mots, influencé par son époque, ses nouveautés (le surréalisme) mais aussi ses troubles.
    Merci du partage, le mois de juin rappelle sa mort tragique.

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