Etienne Faure

 

Extrait du recueil : Légèrement frôlée- Aux éditions Champ Vallon-2007

 

À nu et sans support

les corps obtempèrent à la vie,

à la sentence du mois de juin

quand la nuit tiède encore pour son âge

par la fenêtre ouverte au moindre foin

défère à la saison qui tranche

une espèce, dirait-on, d’immortalité

momentanée, car avec les senteurs

le lit, cas fortuit, force majeure,

comporte un bout de mort rêche, tôt ou tard

rappelant que la fin est dans le va-et-vient,

cette rançon

d’une faux tout à l’heure à l’horizon coupant

le foin du monde.

 

horizontale oraison d’été

 

Tiré du site de l’éditeur :

http://www.champ-vallon.com/Pages/Pagesrecueil/Faure3.html

 

4 replies on “Etienne Faure”

  1. Éclaircie dit :

    Etienne Faure est né en 1960. Il vit et travaille à Paris.
    Il a publié dans les revues NRF, Conférence, Théodore Balmoral, Rehauts, Europe, Le Mâche-Laurier, Pleine Marge, Contre-allées.

  2. 4Z2A84 dit :

    « …quand la nuit tiède encore pour son âge… »
    .
    « …comme la nuit vieillissait… » (Poe-Mallarmé).
    .

  3. Éclaircie dit :

    J’ai surtout aimé dans ce poème le contraste entre la vie de juin : vie intense, les foins, bientôt les moissons et cette évocation de la mort qui n’épargne pas les saisons les plus extraverties.
    Et j’ai trouvé original le style.

  4. 4Z2A84 dit :

    Ce poème est constitué d’une seule phrase, un peu longue mais ça n’est certes pas un défaut. D’abord je l’ai lu (trop) rapidement et il ne m’a procuré aucune émotion. En troisième ou quatrième lecture la vision du poète m’apparaît enfin; Eclaircie en parle très bien, mieux que je ne saurais le faire.

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