Tranche de marée sur lit de coquelicots

 

Je n’ai rien sur le feu pas même un p’tit poème

Mais pour le PPV je sors de mon silence

De mes draps et des bras de la nuit bien lunée

Je parlerai des fleurs – or les fleurs me font taire

De la mer mais la mer grippée couvre ma voix

La montagne n’a rien à dire d’essentiel

Et les oiseaux déçus par leur chant sont en grève

Il me reste le ciel où les nuages meurent

Chassés par le beau temps comme de vils proscrits

Dans mon grenier je les mets à l’abri

Du soleil ce tyran qu’adorèrent

Les néandertaliens nos frères.

 

 

Les réveils sonnent dans le vide

Le chien ne loge plus ici

Les dormeurs sont en voyage

Ils n’ont laissé que leurs lits reposer

Entre quatre murs teintés de bleu

De vert et d’écume rappelant l’océan

Sur lequel toujours la maison projette de voguer

Et l’on retrouve les silhouettes

Immobiles contre les troncs d’arbres

Sous le couvert de forêts épaisses

Elles semblent attendre que leurs pieds prennent racines

Ou que leurs corps s’incrustent dans les troncs

Elles auront ainsi des milliers de feuilles

Nourries de la sève que jamais

Les fondations des murs

Même les plus robustes se sauront produire

 

Quelques orties s’enhardissent, se mêlent aux marguerites

Un coquelicot égaré contemple la lente croissance des lis

Plus loin, des chardons préparent la venue de leurs fleurs

Prêts à tout, hostiles, pour les préserver du danger.

Une source coule discrète sous les feuilles des grands arbres

Le jardin m’apprivoise et se livre, chaque jour un peu plus.

Une paix sans pareille livre ici bataille pour survivre.

Au-delà des vieux murs, le cri rauque des corbeaux souligne

Le bruit noir des chasseurs précédés de leur meute.

 

Sandales ensablées,

Poussez pas, y’en aura pour tout le monde

Du soleil, des galets, des petits trains mous

Poussez pas, y’en aura pour tout le monde

De la vague, du bain bleu, des étoiles

Sous tes sandales ramasse clichés

La rue poulpe ancre les fessiers

Les cuisses, les nibards empaillés

Poussez pas, y’en aura pour tout le monde

De ce vaste désert plié en tranches

De dinde.

 

Aux cuisines dans un désordre artistique et gourmand :

Élisa, Phoenixs, 4Z2A84 , Éclaircie

 

6 replies on “Tranche de marée sur lit de coquelicots”

  1. Éclaircie dit :

    Pour nous mettre en appétit, rien de tel qu’un PPV délicieusement drôle, tendre, avec une pointe de tragique relevée par une sauce à 4 mains.

  2. Phoenixs dit :

    C’est dans le grenier que les souris et les sources rares dansent sur la tête des chausseurs déchaussés; c’est dans la cave que se forment les racines essentielles. Après, tout est affaire de marches…
    Morceaux de mains à la fois bucoliques et tragiques, comme la vie quoi 😉

  3. 4Z2A84 dit :

    En été l’inspiration fait feu de tout bois ou stagne, c’est selon. Ici elle monte avec la marée, sort de son lit de coquelicots, et s’installe dans le jardin qui nous apprivoise ou dans la rue poulpe.

  4. Brindille dit :

    Un point d’orgue en gourmandise, avec ce rien d’amertume nécessaire à l’harmonique des saveurs multiples.

    J’aime

  5. Éclaircie dit :

    J’aime lire tes commentaires Brindille !

  6. Emellejie dit :

    J’aime beaucoup
    Merci à vous quatre

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