DES PLUMES POUR RÊVER.

DES PLUMES POUR RÊVER.

*

Les rouages s’éloignent des roues

Et les routes grincent sous les dents du soleil

À chaque gravillon une plainte s’échappe

Échardes et tuméfactions parviennent à la surface

Du ruban lisse de nos conversations

L’heur mal ou bon s’arrête à la station

Où glissent tous les vents et les serpents

Et les épingles à cheveux sans chignon

Tandis que dans son lit le ruisseau hésite encore

À noyer le poisson comme on évite de regarder le vide

*

La lune et ses châtaignes,

.

Y’en a qui comptent peu

Et peu c’est beaucoup dire

Y’en a qui comptent beaucoup

Et beaucoup c’est déjà trop

Y’en a qu’on ne compte plus

Ceux-là sont pertes sans profits

Et puis y’a tous les autres

Perdus dans les étoiles

Qui ramassent des étincelles

Avec la petite pelle des enfants sur le sable…

*

Le sphinx ne pose plus ses questions à personne

Car personne n’entend parler la pierre

On colle son oreille au marbre il ronfle à peine

Le sang obstrue ses veines

On ne court plus comme autrefois vers une issue

On reste assis dans un fauteuil

Dont les bras ont cessé d’enlacer l’occupant

La fenêtre en bâillant montre du sable

Puis l’animal couché sur le secret des rois

C’est à nous de l’interroger

Une ombre fait les premiers pas

Nous la suivons en rêve sans bouger…

Au moindre mouvement nous tombons en poussière.

*

Des oiseaux, des enfants, des plumes,

La blancheur soyeuse du paradis

Tout cela invisible, hors  d’atteinte.

A l’étage inférieur, ou en sous-sol, la beauté des contrastes :

Des fenêtres immenses encadrent un soleil royal

Régnant sur le silence époustouflant de paysages

Dessinés avec soin par d’habiles artistes.

Comme posés dessus par quelque horrible gamin

Des ruines et des morts désharmonisent l’ensemble

Et chantent de concert des mélodies si abominables

Qu’elles volent jusqu’à nous chevauchant

Des insectes inconnus et terribles.

Quand la nuit vient recouvrir les vestiges du jour,

On voit deux ou trois plumes tournoyer jusqu’au sol

Puis disparaître aussitôt.

*

Aux cuisines :

Eclaircie,

Elisa,

Phoenixs,

4Z.

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6 replies on “DES PLUMES POUR RÊVER.”

  1. 4Z2A84 dit :

    Quand le ruisseau hésite à noyer le poisson
    les fenêtres encadrent un soleil royal
    mais le sphinx se tait
    songeant à tous ceux qui ramassent des étincelles
    avec une toute petite pelle…

  2. Elisa-R dit :

    La recette est plus que réussie : nul besoin de retourner se coucher pour rêver, lire suffira amplement.

  3. Éclaircie dit :

    Que le rêve parfois ait des allures de cauchemars, d’étincelle, de poussière, de paradis ou de ruisseau, l’important n’est-il pas de dépasser ici et maintenant ?

  4. phoenixs dit :

    Difficile de sortir avec l’ombre, ses épingles à cheveux, ses poussières, ses insectes inconnus, difficile aussi d’y rester.
    Heureusement qu’il reste à la plume le don de l’effacer du tableau noir…

  5. josy dit :

    moi j entends parler la pierre….

  6. 4Z2A84 dit :

    « …Un pur esprit s’accroît sous l’écorce des pierres. » Gérard de Nerval.

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