Somme d’un ange

Une vibrante ruine,

Je percute le bruit de mes contemporains
Tympans, tampons timbrés
Viriles marques d’existence sans lesquelles
Rien ne nous rapprocherait du gorille pisseur
Nos territoires échos renvoient
Les cris germés d’une béance spectaculaire
Qui prouvent au duvet du silence
La nécessité de glisser cousus
Lèvres serrées
Dans les murmures de la nuit…

*
Un déluge, disait-on lorsque père était enfant
A présent quelques larmes seulement parviennent jusqu’ici.
Un arc-en-ciel a essayé de franchir ces deux larges portes
Mais l’optique est un art que peu maîtrisent encore
Un de ses pieds s’est brisé sur le bois dur de celles-ci
Dont on avait oublié de mesurer la hauteur.
C’est finalement un jeudi que tes voiles et leur bateau
Ont trouvé la seule faille de cette fabuleuse prison :
Un simple nuage d’espoir, trop petit pour le voir,
Assez gros cependant pour qu’un artiste aussi beau que toi
Le façonne en une brèche, vacillante comme une flamme,
Solide comme une dernière chance.

*

Bulle de savon attend le vent
Rêve de vivre en arc-en-ciel
Que l’eau jamais ne s’évapore
Et tristement sur la coquille
D’un escargot glisser sans bruit
Passant ainsi inaperçu
Se retrouver comme limace
Piégée auprès d’une laitue
Bulle pourtant belle ne sait
Rien des méandres de la vie
Veinée de bleu telle une aurore
Bercée de rose au crépuscule
Fermez les yeux vous la verrez
De sept couleurs percer le jour

*

Que d’étoiles dans nos filets à papillons
Quand nous chassons dans les eaux stagnantes du ciel

Quelle friture en perspective vaporise

De ses parfums la chambre où opèreront coqs

Et maîtres-queux pour la volupté des narines

Puis des papilles dont le goût pour les insectes

Augmente. Les nageurs aériens nous nourrissent.

Oui nous quittons nos charentaises et planons

Au même titre que les albinos changés

En anges au-delà de la voûte avec l’arme

Contre laquelle nul ne se dresse : nos yeux

Le regard de nos yeux quand la lune s’y baigne.

.*

Un ZEPHE printanier, avec la complicité de Phoenixs, Eclaircie, 4Z et moi-même.

4 replies on “Somme d’un ange”

  1. Phoenixs dit :

    Il reste à l’arc-en-ciel le soin de porter les bulles hors du nuage noir dernières marques des vivants loin de leurs failles…

  2. Elisa-R dit :

    Première faille : je n’ai pas réussi à valider mon commentaire hier, il devait y avoir quelques plumes sur le clavier.

    Comme une source rafraîchissante par grande chaleur, une cascade spontanée, magique : les mots de ce vendredi, quel que soit le jour.

  3. 4Z2A84 dit :

    Un sommet parmi les PPV que ce Somme d’un Ange !
    Soyez vigilant le jeudi : le bateau sort de prison
    et le bruit de nos contemporains froisse le duvet du silence
    même si la laitue est un piège pour la limace
    même si le papillon frit dans la poêle du poète.

  4. Éclaircie dit :

    Chaque lettre de cette composition est indispensable. indispensable à l’autre, indispensable aux mots qui s’entrechoquent, qui de ce printemps donnent les couleurs les plus vives et les plus pâles, les plus agressives comme les plus douces.
    La lune, la flamme, les cris, le duvet, un(e) somme de vie.

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