Grains de sable dans un cerveau éperdu,

Nous nous perdons dans la forêt puis dans la foule

Des hallucinations qui surgissent en vrac

On se revoit trempé par de nobles averses

Dont un artiste essaie d’apprivoiser les gammes

Sa partition l’aveugle avec des grains de sable

Et sur son tableau s’égosille un rossignol

Nous sortons de nos corps comme d’une coquille

Où le confort finit par peser – le réveil

Sur un fleuve fougueux est salubre – on dirait

Que l’âme se remplit d’eau pour se prémunir

Contre la soif quand aux arbres succèderont

Le long des voies sans toits le train vif des pylônes

Puis les bornes où sont indiquées les distances

A parcourir jusqu’aux portes d’un au-delà.

***

Toile de nuit lacérée par des éclairs
Émanant de ces yeux qui ne savent plus lire
Au travers des lambeaux de violentes couleurs
Irradient l’atmosphère et imprègnent les murs
De grands violets criards et des verts assassins
Assiègent les pierres voulant comme le gel
Les réduire à l’état de projets impossibles
La pluie n’en finit pas de tenter d’effacer
Les stigmates laissés par un cerveau perdu
Errant à la recherche d’un abri pour dormir

***

C’est pas la peine de pleurer le croco est à sec
L’amour ne coule jamais sous les pattes du cheval
C’est pas la peine de mendier l’avare tourne la tête
Et fouille l’astre mort sous la peine de vivre
C’est pas la peine de coucher debout
L’entraille s’enroule sans fruit mûr ou vert
Sur le socle des venins consommés
C’est pas la peine d’en pleurer; l’ange est déplumé
Que tu as volé au musée des hommes empaillés…

***

Nous ne savions pas alors quels orages surgiraient
Ni quels monstres horribles tourmenteraient nos vies.
Nous pensions qu’ils fuiraient de l’autre côté des montagnes
Émerveillés et troublés par la pureté de la jeunesse.
Durant des années cela fut le cas,
Le silence fleurissait où la nuit s’enracinait
Nos rires effaçaient des jours les ardoises trop salées.
Les nuages eux-mêmes dessinaient nos existences
Comme d’incroyables exploits .
Nous étions de jeunes dieux, invincibles et superbes.

Le sable n’empêche pas la quête de mirages parmi les hommes, derrière les dunes : 4Z, Eclaircie, bibi, Elisa et le vent…

3 replies on “Grains de sable dans un cerveau éperdu,”

  1. Phoenixs dit :

    Un peu de jeunesse sur les plumes du rossignol, un peu d’éclairs pour briser la nuit des vautours; que les monstres restent là où nous ne sommes pas.
    Un Zephe de mai accordé aux orages et aux arc- en- ciel qu’ils déposent…

  2. 4Z2A84 dit :

    Ces quatre textes méritent mieux qu’une lecture. Le regard doit plonger, l’esprit pêcher toutes les richesses d’un vivier dont la mer jalouse les couleurs, les bulles meublées d’objets magiques, les grâces et les monstres. La poésie mène à la Poésie en empruntant des tunnels et des voies aériennes où les mots fleurissent comme dans les serres, les prairies et les jardins émancipés.

  3. Elisa-R dit :

    Le vendredi, même quand il prend son temps et s’allonge jusqu’au lundi, ne cesse de m’émerveiller.

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