Cendres vives

les poissons modernes
partagent leur eau
sans embarras
et les fruits inconnus qu’on nous rapporte
brillent autant que le mica des meubles
souverains terrifiants de nos réduits
regardant notre déclin
par les trous de leurs serrures
mais nous savons tout ça

c’est pourquoi quand je serai mort
je remonterai à cheval
afin d’échapper à l’endroit
afin de retrouver les nuages
que les femmes sentent
afin de rassembler tous les enfants égarés
trouvant inutile de se presser
c’est pourquoi aussi plus un ami
ne me suivra sous la forme d’un buisson
plus une soupente n’étouffera une maison
mais nous savons tout ça

il n’y aura que le soleil intimidé
vautré dans le velours bleu du monde
et quelque part sous une pierre
du vent

3 réponses sur “Cendres vives”

  1. Elisa-R dit :

    Je soulève souvent les pierres, peut-être parce que j’aime l’envers.

    Merci d’avoir déposé ici ce poème.
    Au plaisir de vous lire Orgue-Rouge.

  2. phoenixs dit :

    Mais si  » nous savons tout ça  » il est bon de le relire +++

  3. Orgue-rouge dit :

    merci, phoenix, d’avoir relu, et merci, Elisa, de regarder sous les pierres
    amitiés

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