UN EGALE QUATRE

Quatre égale un (et réciproquement).

*

Chapeau de lampe et parasol

Ne savent de la lumière

Que l’endroit ou l’envers

De face ou de profil

La cheminée reste rectangle

Et la fumée d’avril

Ne masque plus l’écran

Les chemins sinueux

Épris des troncs de chênes

Aux volutes fidèles

Mènent dans des clairières

Nées depuis hier

Où les arbres polis

S’écartent devant la moindre pluie

L’iris fleurit

Celui de l’œil abandonne un peu de sa couleur

Mais la pupille gracile

N’oublie jamais d’osciller

Entre le point du jour et la rondeur de la lune

*

Il avait deux ou trois yeux

Mais pas du tout de tête

Si bien que pour lui la terre

Tournait sur le nez d’un phoque

Je lui serrais le pied

Quand il me tendait la main

Chaque jeudi il prenait un bain

Dans son propre sang

Le premier janvier il se pendit

Mais en guise de corde

Il utilisa son tube digestif

On lui creusa une tombe à sa mesure

Dans le flanc d’une montagne d’absurdités.

*

Aquarium, à quoi rien,

.

Sur le dos, vitreux, nous glissons

Ouïes abandonnées au non

Silence sous les écailles détachées

Flotte.

Nous passons les uns, les autres,

Ballonnés et gras, repus

A la vie splendide aux vitres opaques

Derrière.

Les dépouilles sèches de nos grandeurs

Nous suivent en ligaments méduses

Dans le courant pâle que rien

N’agite.

*

Un bouquet rouge enflamme le sous-bois

Quelque chose change.

Tout se tait attentif au roulement silencieux

De la grosse balle bleue.

Un géant peut-être s’amuse à courir ou à souffler

Sur elle.

Endormie dans les doux bras du roulis

Une créature étrange tète son pouce

Tandis qu’au fond des océans

Une étoile exilée songe à la profondeur de l’espace.

*

Poème à quatre voix – celles

d’Eclaircie

d’Elisa R.

de Phoenixs

et de 4Z.

*

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4 réponses sur “UN EGALE QUATRE”

  1. 4Z2A84 dit :

    Sinueux les chemins mènent dans des clairières qui s’offrent comme des berceaux à toutes les étoiles en exil. Le monde vu à travers la vitre d’un aquarium nous leurre.

  2. Elisa-R dit :

    Il me semble que compter (ou l’autre) devient plus séduisant.

  3. Éclaircie dit :

    Dans l’eau, sous les montagnes, dans les sous-bois, autant de drames et de comédies.
    La balle bleue qui ronronne ou gronde sous nos pieds n’a jamais finit de nous émerveiller, de nous apeurer, de nous revolter aussi, mais toujours nous inspirer.

    Merci à ces 4.
    Je les appréhende hors de moi lorsque notre PPV prend son envol sur la page de PF.

  4. phoenixs dit :

    On voudrait bien que le phoque nous rapporte l’étoile roulée en boule,on aimerait aussi qu’une souris dévore les absurdités ou que de parents bien intentionnés les abandonnent dans une clairière close.

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