Papillons bulles et miettes rousses

Comme dans un fromage mou

Le doigt s’enfonce dans le ciel

Mais par ce trou personne

N’osera sortir ni entrer

On reste chez soi à l’abri

Des évènements qui inspirent le cinéma

Pour tourner la tête des voyeurs

C’est sa propre cervelle que l’on piétine

Quand on croit marcher dans la boue

Autour de notre lit il y a une rigole

Dans laquelle court l’eau de vaisselle

On ne franchit pas impunément ce ruisseau

L’oreiller trie les rêves

Les pires crèvent comme des bulles.

 

Salade niçoise et autres,

 

« Moi, perso, New-York ça me branche pas

Je préfère Boston chez la nounou

Dans les pantoufles d’envers

Trotter sur le globe au cul air

Me semble »…

Dans les pistons à vent

Des bribes en lambeaux passent

Feuilles du thon frais laissé sur le bord de l’assiette

La mer agite les mâts au port

On rôde au soleil miettes

A califourchon sur des rêveries insolentes…

 

Aux arbres sont pendus des sourires

Qui se balancent au gré du vent.

Un train posé sur la cime dort depuis longtemps

Depuis qu’une belle au bois charmait les uns

Dévorait sans pitié ni couverts tous les autres.

Autour un cadre soupire

Il imagine le contact doux et lourd de l’or

Sur sa pauvre peau de bois.

Sous l’un de ces arbres, un peu troublé par le brouhaha de la foule,

Une petite fille aux yeux verts et aux boucles blondes

Déploie lentement ses ailes de papillon.

 

Sous la semelle d’un fer à repasser

Au dernier étage du réfrigérateur

Dans le générateur d’un cerveau fraîchement réveillé

Derrière l’oreille du chat caressée par sa patte droite

Partout

J’ai cherché l’idée perdue

Alors j’ai eu l’idée

De la déclarer retrouvée

L’escalier a cessé de gémir et la porte du grenier

S’est entrouverte

Le premier éclat de la lune est venu offrir

Sa rousseur éphémère à ma main ouverte

Qui ce matin sous la feuille naissante du figuier timide

Recueille l’inaudible de la course du temps

 

Selon les plumes de :

4Z2A84-Phoenixs-Élisa-Éclaircie

 

5 réponses sur “Papillons bulles et miettes rousses”

  1. Éclaircie dit :

    Un Zephe rouquin joliment installé entre deux tranches de pain sur l’oreiller de nos inspirations réunies.
    Oui le printemps sait où fleurir la poésie !

    (merci pour vos petits mots accompagnant vos envois, aussi délicieux que la découverte de vos poèmes)

  2. Elisa-R dit :

    Un puzzle en quatre morceaux pour (re)composer un paysage intérieur. Evidemment, une fenêtre s’ouvre et le soleil en profite pour aller jouer dehors avec un jeune printemps.

  3. 4Z2A84 dit :

    on abandonne sa langue
    sur le bord de l’assiette
    et ses sourires
    on les laisse pendre
    dans le vide
    pour se lancer à la recherche de l’idée perdue

    parmi des bulles

    Au gouvernail : l’Imagination.

  4. phoenixs dit :

    Il nous reste un arbre auquel pendre le train de la vie, les ailes des papillons avec cervelle et toutes les idées retrouvées dans la salle des pas perdus.
    Pas une miette de trou dans cette mie de mots ❇❇❇❇

  5. phoenixs dit :

    C’était pas une  » miette de trop  » dans ce  » trou »

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