Cailloux de Styx et graines d’étoiles

 

Androïd et blabla,

Ils disent le monde et regardent la machine

Ecrite sur la voix

Sous le pli du son point zéro

Retour en arrière impossible

Ils disent le monde avance articulé aux prises

De courant bipolaire

Branche-toi sinon meurs à l’aiguille

Tracée sur la voix du sillon virtuel

Et la langue claque ses cailloux

Si près d’être perdus en mer…

*

Ce fleuve est beau comme un tombeau de porcelaine

 

Il donne des frissons délicieux à la plaine

 

Et si l’œil du rapace est rond c’est grâce à lui

 

D’ailleurs les aviateurs dès qu’ils le voient s’enfuient

 

La mer debout méchante

 

Le soleil embrumé

 

Le ciel sans l’absolu

 

Et toute la fumée

 

Des siècles révolus

 

Le coq s’en moque il chante

 

Et nous nous réveillons sur un Styx purifié.

*

On partira là-bas

Entre les murs où restent gravées

Les ombres de tous les passagers

Les mains sur les oreilles

Ou peut-être sur les yeux

Bouche ouverte pour laisser s’épandre

Le flot de tous les ruisseaux

Leurs murmures leurs grondements

Alors peut-être avant de se fondre

Le poing s’ouvrira

Pour saisir la terre

Que l’on jettera comme l’on sème au vent

Des graines d’étoiles cueillies avant la nuit

*

Un joli jour pressé a frappé ce matin

Aux vitres de ma chambre encore baignées de nuit.

Ses longs doigts griffus -douze si je compte bien

Huit si j’en crois l’œil rond et son conseil d’ami

Tous deux réfugiés dans le nid doux d’une main,

Sont entrés gentiment dans ma petite vie.

Puis tout devint  sombre et  lumineux à la fois. L’onde d’une source claire

Et aussi son contraire

Vinrent au galop glisser sur une étendue froide, colorée cependant de visages ingrats souriant à ceux qui, comme moi, demeuraient en leur lit bien douillet.

Lorsqu’un bruit retentit -ridicule à souhait

Je trouvai, contre moi, un réveil brisé

Et, collée à la vitre, une simple araignée.

*

Semés du plus haut sommet de ma légendaire distraction, des mots charmants nés des plumes affûtées de Phoenixs, 4Z, Eclaircie et moi-Même.

4 réponses sur “Cailloux de Styx et graines d’étoiles”

  1. Elisa-R dit :

    Quel plaisir de découvrir en avant-première vos écrits !

  2. phoenixs dit :

    Et voilà où churent les yeux ronds, les griffes en douzaine et les toiles d’étoiles: dans une rivière de fumée parmi les éclats scintillants de la mécanique 3.0 détraquée…
    Vive la distraction d’Elisa qui recueille les papiers égarés 😉

  3. Éclaircie dit :

    Le Styx serait accueillant, le courant bipolaire, les ombres lumineuses et les araignées, nos amies à douze pattes pour les huit mains qui chaque semaine ouvrent des portes imprévues, imprévisibles, improbables mais pourtant bien présentes.

  4. 4Z2A84 dit :

    La machine étant à tous les points de vue plus efficace que l’homme il faudra bien un jour que celui-ci lui cède sa place.
    Alors il partira…là-bas avec dans son poing un peu de terre.
    Il lui sera alors loisible d’enfin se reposer dans un lit douillet sous la protection de l’araignée du matin.
    .
    Un PPV parfaitement réussi.

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