Un poème d’Audiberti

 

Un poème de Jacques Audiberti.

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« Métro 1925

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De métriques vagins me conçurent. Je puis

moi, Proserpin, prôner plus d’un amour de puits.

Sur la montagne des virages vient, gobée,

la crispante balance où s’embrase une baie.

De rectitude, puis, dévoré, je parcours

mes tubulures pullulant de jupons courts,

de bustes clairs, rythmés par les feux de la voûte

où l’homme me gémit dans le chaud qui l’envoûte.

Le coin nocturne des correspondances, dont

l’odeur est celle du choix même qu’un lardon

fait de son sexe dans la truite qui l’accueille,

tourne vers moi sa tête exquise. Un bruit de feuille

accouple, sur les flancs, merles et baleineaux

quand, plus fier que le fiel hors des pâles canaux,

ailé de noirs buccins, lourd d’ampoules en grappes,

je surgis du Barbès pour éblouir les frappes. »

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Audiberti « Race des Hommes » (1937).

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2 réponses sur “Un poème d’Audiberti”

  1. Elisa-R dit :

    La fluidité des mots ne peut laisser de marbre…Trop ailleurs pour lire correctement, je reviendrai lire dès que le sol sera en contact avec la plante de mes pieds.

  2. Éclaircie dit :

    Une évocation très imagée et sensuelle du Métropolitain.
    Merci du voyage.

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