Laure Cambau

J’ai une peau parallèle

toute de mots vêtue

qui masque mes entailles

parfois

les poissons mordent ma cage

mangent les lettres du bord

j’ai une mère clandestine

cachée au fond des yeux

pour elle

le soleil est toujours ouvert

et j’écris des chats minuscules

qui tombent

de la rue la plus sombre

de mon cerveau

 

Le couteau dans l’étreinte. – éd. Phi, éd. Les Écrits des Forges, 2007.

7 réponses sur “Laure Cambau”

  1. Éclaircie dit :

    Laure Cambau

    Née en 1959. Parmi ses autres recueils : Boulevards lunatiques (éd. Brocéliande, 1998) ; Et le pourboire des anges ? (éd. de L’Amandier, 2005) ; L’homme dans la baignoire (éd. de L’Amandier, 2005) ; Lettre au voyou céleste (éd. de L’Amandier, 2010).
    http://poesiemaintenant.hautetfort.com/archive/2014/07/16/laure-cambau-5411145.html#comments

  2. Éclaircie dit :

    Un poème que je trouve très spontané, tout en fraîcheur et belles images.

  3. Elisa-R dit :

    Tout en fraîcheur mais il y a aussi ces « rues sombres ». Plus je le lis, plus s’efface la simplicité en faveur d’une profondeur d’abord presque insoupçonnable, peut-être parce que le « soleil » nous éblouit et parce que les petits chats détournent notre attention.
    J’aime beaucoup !
    Merci Eclaircie.

    • Éclaircie dit :

      Tu as raison Élisa, j’ai écrit mon commentaire trop vite. J’ai découvert ce poème il y a quelques jours et j’ai aussi été frappé par l’écriture fraîcheur voilant « la profondeur »
      dont tu parles.
      Pour preuve, un autre de ses poèmes que j’ai aussi beaucoup aimé :

      Elle a été nourrie aux nuages,
      la cuiller, minuscule dans le ciel,
      s’appliquait à laisser les étoiles
      aux astrologues et aux bergers,
      mais l’argent donnait un goût aux nimbus,
      et c’est pour cela qu’aujourd’hui
      elle lit sur la bouche des carpes
      et dans le ventre des arbres,
      et c’est pour cela qu’aujourd’hui
      elle offre des larmes aux bergers
      et c’est pour cela qu’aujourd’hui
      elle écrit à l’endroit sur des corps tièdes
      à l’envers sur la peau des statues

      Laure Cambau
      éditions PHI, 2007

  4. Elisa-R dit :

    Je reste sous le charme du premier mais le second me plait également.
    Sais-tu que Laure Cambau est aussi pianiste ? Ainsi, indirectement, la tonalité de ses mots te rapproche de cet instrument qui ne t’attire pas et c’est peut-être là un des miracles de la poésie.

  5. Elisa-R dit :

    A écouter même si je préfère n’entendre de voix que celle des mots.

    http://www.printempsdespoetes.com/file_base/son_poete/185.mp3

  6. 4Z2A84 dit :

    Une poésie personnelle, inventive et qui surprend.
    Bonjour Laure Cambau – que je ne connaissais pas.

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