Perspectives rouge ciel

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La marmelade du toréador,

En mon arène dégoulinante

Je saigne des coups aux quatre vents

Dans la coulée rougeoyante

Du couchant

Et les animaux noirs du songe

Qui me détestent d’éternité

Guettent dans l’ombre qui me ronge

Ma fin dernière d’entêté

Notre combat fut sans merci

Notre violence infatigable

Nul parmi nous n’en fut grandi

Tant nous étions fruits détestables

 

C’est le temps du voyage

Un croissant de soleil sur le blanc d’un comptoir

Un ciel gris sur le front pour lisser les soucis

Nous laissons derrière nous le manteau de l’hiver

Des oiseaux nous proposent une carte nouvelle

Des insectes se posent sur le dos de nos mains

Alignées dans la cour d’une école endormie

Trois boules rondes jouent à cache-cache

Le plus sérieusement du monde

Puis le jour s’étire et s’endort dans son panier

Nous rangeons nos billets dans le creux de nos rêves

Jusqu’au matin suivant

 

À l’apogée de son art du mouvement

La mer s’élance contre la falaise

La craie jubile de se fondre dans l’eau

Et lui offrir des teintes nouvelles

Dans sa chorégraphie orchestrée par la lune

La vague rêve de voiler le soleil

De noyer sa brûlure

De déposer sur ses rayons écailles et grains de sable

Mais aussi de s’évaporer enfin

Demeurer dans les trous noirs

Où l’on sait que chaque goutte est adulée

Par les sirènes prisonnières du néant

 

Le cœur de la forêt a battu trop longtemps

Ses arbres peu à peu s’évaporent

Le vent n’ondule plus entre les fûts insaisissables

Que l’on croyait pouvoir étreindre

Quand le vide occupait dans nos bras la place des absents

On se couchait alors sur des lits de fougères

De là le ciel paraissait plus solide

Comme si quelqu’un d’organisé l’habitait

Un ouvrier qui bâtissait son nid avec nos arbres

Le charpentier lui offrirait des meubles

Contre une place sous des feuilles persistantes

Ou dans l’ombre d’un noisetier

Que sa pollinisation par la brise

Place auprès de la plus fervente des étoiles.

 .

Les peintres de cette toile :

Phoenixs-Élisa-Éclaircie-4Z

4 réponses sur “Perspectives rouge ciel”

  1. Elisa-R dit :

    Sur fond noir, du rouge puis une lame de blanc, la couleur de la mer et le vert partagé du noisetier : il n’y a plus qu’à contempler la toile …

  2. phoenixs dit :

    Une craie dans son panier couvant sans doute des fleurs pour tous les tableaux noirs de nos tristes classes, et puis des fougères, des oiseaux, des étoiles en vagues ou l’inverse, voilà qui devrait emporter l’animal blessé sous d’autres cieux…

  3. 4Z2A84 dit :

    « À l’apogée de son art du mouvement
    La mer s’élance contre la falaise »
    comme chaque semaine nous nous élançons à la conquête des étoiles qui meublent le ciel
    P…our
    P…ouvoir
    V…ivre
    autrement que conditionnés.
    Oui, Phoenixs, l’animal blessé trouvera « le pays où l’on n’arrive jamais »; sa convalescence s’y déroulera à l’abri. Il retrouvera le sourire en lisant la suite des aventures de « Mémé dans les Bégonias » – et nous aussi !

  4. Éclaircie dit :

    Je reviens lire vos commentaires, le second- et non des moindres- plaisir lié à nos très fameux PPV
    « Paroles Poétiques Vivantes »

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