Cette fois-ci les choses se compliquaient bougrement.
Le préfet déclencha un couvre-feu sur les résidences qui prirent l’allure de blocs fantômes dans une zone vague et troublante.
Plus personne ne descendit ses poubelles triées entre 18h00 et 7 heures du matin.
Les plus âgés s’enterrèrent dans leur appartement.
Mlle Millot acheta une machine à écrire électrique ce qui lui permit d’être plus opérationnelle dans le combat olympien du courrier envoyé à « qui de droit » dont elle n’obtint jamais de réponse.
Mr Poulit, à bout de force, fit piquer Folichon qui crevait de neurasthénie en l’absence de son réverbère.
Quant à Mme Vichnu, elle ne put jamais raconter la troisième affaire à sa fille, le fournisseur d’accès venait de lui couper la ligne en raison d’abonnement non payé.
Mais.
C’est oublier que les Parques, qui nous font toujours filer un mauvais coton quelle que soit l’aiguille dans le mort de foin que l’on cherche, aiment à nous engluer dans leur pelote de haine.
C’est pourquoi elles choisirent la veuve du troisième, Mme Augustin Fernande née Guillaumette, pour relancer « L’affaire » qui menaçait de ralentir le « buzz ».
En effet,

4 replies on “”

  1. Phoenixs dit :

    Voilà ce que c’est que de s’emballer sans papier : les deux parties sont inversées…

  2. Éclaircie dit :

    Quelle fantastique don de vous approprier les expressions courantes, et de jouer des mots jusqu’à leur donner un ton humoristique et grinçant à souhait ! Un régal !

  3. 4Z2A84 dit :

    … »J’ai perdu la tête ! » s’écria Anthelme. Son second, Honoré Lilas, lui prouvait sans l’ombre d’un doute qu’un échec à l’Ecole Nationale de Vétérinaire (ENV) conduit dans la police. Descendre ses poubelles, triées ou non, entre 18 heures et 7 heures serait désormais perçu comme un exploit ou le fait d’un somnambule. Personne ne s’y risquait. On enchaînait à leur lit les adolescentes et les jeunes filles trop curieuses.
    « La disparition de Folichon a au moins le mérite de réduire d’une unité le nombre des suspects potentiels » songeait Anthelme. « Mais son réverbère favori ne se trouve pas hors de cause et rayé de la liste de tous ceux qui, poussés par la soif du mal ou leur inconscient (car nous ignorons souvent pourquoi nous agissons de telle façon et non pas d’une autre, si notre volonté régit nos actes ou s’ils résultent d’une partie de nous-mêmes dont nous ne possédons pas la maîtrise ou dont nous croyons presque naïvement tirer les ficelles comme le créateur s’il existe les nôtres mais à laquelle on n’accède pas les yeux ouverts et tous les sens en alerte même lorsque le souhait de l’analyser l’emporte sur notre inconséquence naturelle pour ne pas dire l’insouciance caractéristique de l’individu que le souci de se mieux connaître ne tourmente pas excessivement sauf en cas de prémisses physiologiques à une perte de mémoire assimilable à un changement de personnalité voire d’identité longtemps je me suis couché de bonheur) ont suffisamment de motifs pour se livrer à des extrémités défiant les lois de la nature…humaine. »
    Bravo pour cette suite à Mémé !! Les têtes coupées comme celles privées d’yeux ne refroidissent pas l’euphorie (mes élucubrations d’un vieillard idiot ne sont là que pour complaire à des neurones nourris de gymnastique intellectuelle quelle qu’elle soit).

  4. Elisa-R dit :

    J’adore !

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