Sous le ciel

 
Le nuage n’a pas de bouche

Il crie mais on ne l’entend pas

D’ailleurs tant d’oreilles se couchent

Quand elles surprennent des pas

Dans l’escalier – quelqu’un : vous ? moi ?

Fait gémir les marches sous lui.

Le ciel nocturne où rien ne luit

Témoigne du fait que la lune

Est prisonnière d’une toile

D’araignée comme nous d’un rêve

Obsédant. Le plafond s’entrouvre

Et l’on ne voit ni les étoiles

Ni le nuage ni sa bouche

Ni nos oreilles s’envoler.

 

Un ciel gris chassé par le souffle de la brume

Du soleil répandu sur les plaines..

Le ciel était-il ce matin le même ?

Des oiseaux affairés et bientôt amoureux

Le même qu’alors, lorsque tes pas t’emmenèrent au-delà

Des terres de toi connues ?

Au sang qui circule dans nos veines se joignent

Les paysages gravés dans ta mémoire

Et les nuits sans sommeil au sein de nos peurs

Celle de la nuit puis celle de l’étranger.

Ne marchons-nous pas toujours

Posant nos semelles au plus près des empreintes

Délaissées par le vent ou les frasques des hommes

Oubliées peut-être car terrées dans les caves des villes

Ou dans les tombes presque vides

De passagers anonymes poussés distraitement

Hors des sentiers ou des trains

Sous un ciel, dit-on,  indécis.

 

Les pieds souvent conduisent

Aux portes les plus inattendues

Souvent le corps hésite à suivre

La tête se jette en arrière

Les bras tournoient comme les ailes d’éoliennes

Qui n’ont pas conscience de leur fixité

Les reins se cabrent

Le fessier réclame ce siège en velours

Légèrement râpé qu’il regrette tant d’avoir abandonné

Parfois les souliers poursuivent seuls

Et se taisent laissant le vent

Transporter histoires et pépites qui tomberont

Un jour dans l’oreille et sous les yeux

D’un enfant né par hasard il y a plus de cent ans

 

Pousse pousse,

 

Les hommes repoussent les feuilles

Les feuilles ensevelissent les hommes

Chacun son râteau…

Chacun sa branche aussi que l’un scie sur le dos de l’autre

Comme si le clou était le propre du marteau…

A force de pousser petit on finit sans infini

Par se croire au-dessus du tronc

Homme écorcé sans racines

Qui prendra ton tombeau pour un nouveau terreau…

 

Un ZEPHE peu ordinaire sous les plumes (dans le désordre) de 4Z, Eclaircie, Phoenixs et moi-même.

Merci à Eclaircie pour la mise en page.

9 réponses sur “Sous le ciel”

  1. Elisa-R dit :

    ‘essayerai d’harmoniser l’ensemble demain, ce soir, rien ne s’affiche quand je tente de modifier l’article.
    Jolies concordances dans ces poèmes, ce poème multiple.

  2. Phoenixs dit :

    En effet, les bras moulinent sous des cieux indécis, les tombes respirent l’attente, pas très gai tout ceci, mais il ne nous faut pas oublier, dans le noir, l’affairement des oiseaux bien plus vivant que le nôtre.
    Sinon, suis contente de voir HenriPierre dans ces lieux 😉

  3. Éclaircie dit :

    Un PPV ouvert à tous les vents, celui de la nuit, celui qui prive notre oreille du cri des nuages, celui qui nous fait frissonner pendant de la chute hors des sentiers, celui qui réveille mille générations…mais aussi, celui, mauvais qui nous place des œillères ou nous coupe l’herbe sous le pied.

    (travailles-tu avec le gestionnaire de courrier Word, Élisa ? pour réharmoniser, je ne sais faire qu’avec ce logiciel)

  4. HenriPierre dit :

    Certains jours, une certaine crainte de se retrouver sous le ciel. Cette vieille angoisse gauloise semble épargner les oiseaux.
    Je les envierai toujours !

  5. 4Z2A84 dit :

    Si le clou n’est pas le propre du marteau, le ciel, quant à lui, ne se laisse pas définir par ce qu’il n’est pas. Entre s’élever ou plonger, s’il faut choisir, pourquoi ne pas supposer que ces déplacements conduiraient au même endroit, à la même place ? Peut-on fracturer la voûte céleste, briser sa vitre sans réveiller les voyageurs ?
    J’aime beaucoup cette suite jusqu’au tombeau en quête d’un locataire.

  6. Toni Cervantes Martinez dit :

    tant d’images volent sous ce ciel que j’imagine les pluies en gouttes de feuilles, les feuilles gravées de lettres recueillies en mots aux couleurs de soleils, d’oiseaux, puis d’yeux d’un bleu scintillant d’éclairs qui regardent la terre défrichée d’âmes sereines et belles dont sont friands les poètes!!!!!!!
    ….en lisant de nouveau je suis cerain d’avoir raison de rêver la réalité
    toni

  7. Toni Cervantes Martinez dit :

    …il faut lire -je suis certain d’avoir raison de rêver la réalité-
    toni

  8. Elisa-R dit :

    C’est mieux avec la nouvelle mise en page d’Eclaircie.
    Comme il est agréable d’entendre vos voix ici Toni et HenriPierre !

  9. Éclaircie dit :

    Je confirme, merci à ceux qui nous rejoignent « Sous le ciel ».

    Être un oiseau, ne pas craindre le ciel, un oiseau dans sa réalité : un rêve.
    Parfois le ciel est cependant lourd, si lourd. Jambages et hampes du poète le maintiennent à distance respectable. À chacun d’y entrevoir l’horizon.

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