ECRIRE SUR LE SABLE LA NEIGE ET LE VENT…

Ecrire sur le sable la neige et le vent.

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Les matins ne sont plus assez grands

Quand tous les aquariums s’imaginent devenir océan

Et les poissons s’égarent dans des sous-sols

À ciel ouvert ou s’agglutinent sur le sable

Comme estivants en mal d’imagination

Les matins sont trop sombres

Pour que les reflets restent dans les miroirs

Et l’on voit des colonnes de silhouettes

Hanter toutes les landes à la recherche d’un lac

D’un étang ou d’une flaque d’eau simplement oubliée

Les matins sont trop brefs

Ils ne laissent plus filtrer de café dans les tasses

Celles-ci tombent en poussière et plus personne

Ne lit désormais l’avenir le passé ou même de livre

Déjà la lumière s’immisce dans tous les lits des rivières

On replie sa vie sous l’oreiller on lisse ses écailles

Et l’on reprend la course qui fait tourner la terre

La première goutte d’eau

Tombe sur le toit qu’elle traverse

Le pire des acides

Creuse le crâne de la maison

Et s’introduit dans le cerveau

Comme une aiguille dans une pelote

Les meubles s’agitent

Le buffet ne supporte pas une intrusion

Ni la table un couvert de plus

Quant au lit sa place est vide

Il a quitté le cerveau à l’aube

On le trouverait parmi les péniches

Sur un fleuve qui roule en silence

Pour ne pas nous réveiller

Mais personne ne pêche

A la ligne une ombre.

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Nuit,

On aurait bien aimé en dire plus mais la voix s’est coincée

Le mot lui-même toussote dans ses moufles

Impossible de rendre un sens aux sons

Plus le temps mouline plus le vent tombe dans les voiles molles

Ce n’est pas encore aujourd’hui que nous voguerons dans les plis des vagues

L’air de rien si fiers d’être légers piqués comme des étoiles dans les yeux vifs

On aurait bien aimé en dire plus mais les sirènes crèvent de froid…

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Sur la neige on trouve des rêves

Anciens ou récents

Rêves dégradés par l’absence de paroles.

Un battement de cœur, une musique mutique

L’enfance s’isole et s’arme.

Où sommes-nous tandis qu’elle grandit ?

Sa frimousse encore barbouillée d’innocence

Elle détruit les murs de notre imaginaire

Et, tapie derrière ces étranges barricades

De débris et d’étoiles,

Vieillit seule en son monde, bien avant l’heure.

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Avec les voix

d’Eclaircie,

d’Elisa,

de Phoenixs

et de 4Z.

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6 réponses sur “ECRIRE SUR LE SABLE LA NEIGE ET LE VENT…”

  1. 4Z2A84 dit :

    Les miroirs avalent ceux qui ont le malheur d’y plonger.
    Et les aquariums jalousent les océans.
    L’enfance est-elle suffisamment armée
    pour tenir tête à la nuit
    quand les mots toussotent
    quand les sons perdent leur sens
    quand la parole s’absente
    quand la vie se replie comme un pyjama
    que l’on glisse sous l’oreiller
    et quand le lit vogue ?

  2. Elisa Romain dit :

    Je suis surprise, chaque semaine, par ZEPHE…Un jour qui se lève n’est jamais le même qu’un autre; le soleil de cet endroit non plus : quelle chance inouïe!

  3. Éclaircie dit :

    “ECRIRE SUR LE SABLE LA NEIGE ET LE VENT…” et nous découvrons un PPV voguant entre le matin et la nuit, entre le buffet et le cerveau, entre les sirènes et l’enfance, le reflet et le fleuve.
    Fascinant…

  4. phoenixs dit :

    Je garde les « colonnes de silhouettes, le cerveau barré ailleurs  »
    Écrire sur du vent, de la neige, du sable et des ondes qui gardent au chaud le monde seul de l’enfant endormie mais pas morte…

  5. phoenixs dit :

    Depuis quand les anges ont-ils des fesses ? 😉

  6. Kiproko dit :

    Emouvante et mouvante poésie, fabuleux clins d’oeil pour celle qui découvre vos mots ce jour…
    Ici, j’entends battre le coeur des mots à la magie des plumes fertiles…

    Source et vie
    Etoiles et songes
    Chants de joie
    Chorale des saisons
    Sable, vent, neige
    Rien ne devient cendre

    Kiproko émue

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