PROPULSIONS EN DECEMBRE

 

.

Propulsions en décembre.

.

« Un jour nous atteindrons Noël »

C’est la belle promesse qui agite ses écailles

Dans le grand bocal terne posé au-dessus des épaules.

Noël est alors une sorte de chas d’aiguille trop petit

Ou une station spatiale distraite et fuyante

Sur laquelle jamais on ne parvient à poser l’un ou l’autre pied

Tant elle semble loin bien qu’elle soit si exceptionnellement belle

Et lumineuse

A en faire pâlir l’œil rond des phares

Ou celui terrifiant des miradors assassins.

Chaque globe en orbite et l’air un peu fou

Le dos droit et la langue parfaitement déliée

Nous soufflons aux oreilles de la nuit qui emporte Noël sur son dos :

« Un jour, nous atteindrons Noël ».

.

Lorsqu’une goutte d’eau s’ajoute à l’océan

Pas un poisson ne se noie

Les buvards jamais ne râlent de trop d’encre

Ils gardent seulement secret le message initial

Comme les écailles retiennent la chevelure des flots

De fontaine en fontaine les mots se parent de reflets changeants

Et s’ils franchissent rarement la frontière des bouches trop sèches

Ou celles noyées dans les cascades artificielles

Ils savent s’incruster dans le rabat des oreillers

Dormir une moitié d’éternité et s’éveiller d’un battement de cils

Pour offrir aux voix la candeur du premier langage

.

 

Sur écoutera la bête de scène,

 

Que font les lutins?

Personne Ne Sait, top secrètes Dans les chalets

Le saumon ne dira rien, les rennes non plus

Et si vous interrogez   l’écureuil zébré il agitera fils panache noisette

En riant

Que font les sapins?

ILS agitent Leurs secteur Pleines D’ampoules

Dans les salons moites

Le pied écrasé par des rubans en papier

Des cris et des hommes Pressés

Que fait Le Reste?

Il somnole Dans les canapés défoncés

Parmi les Souhaits débraillés et les cuisses de moules

Repus et insatisfait de n’avoir pas vu le grand nain rouge de fils enfance …

.

J’ai mis mes souliers au pied du sapin

Et j’attends

J’attends depuis des années

Depuis que le père Noël a été crée

Pour faire patienter la Mort.

La neige manque ses rendez-vous

Avec les toits pentus

D’où s’élancent…

Vers où ?…

Des statues dont le sel est jeté sur les trottoirs

Comme on sème le grain

Bon mauvais ou passable.

J’ai dans la tête trop de sable

Pour marcher droit.

Si quelqu’un allume la mèche du sapin

Il partira : obus ou fusée.

.

Eclaircie

Elisa

Phoenixs

et moi-même

avouons être les auteurs

de ces folies.

.

 

7 replies on “PROPULSIONS EN DECEMBRE”

  1. 4Z2A84 dit :

    Le feu et l’eau se marient et restent longtemps soudés dans la tête des poètes aussi bien inspirés par décembre que par les cascades artificielles.

  2. phoenixs dit :

    On écoutera la bête de scène,

    Que font les lutins ?
    Personne ne sait, top secret dans les chalets
    Le saumon ne dira rien, les rennes non plus
    Et si vous interrogez l’écureuil zébré il agitera son panache noisette
    En riant
    Que font les sapins ?
    Ils agitent leurs mains pleines d’ampoules
    Dans les salons moites
    Le pied écrasé par des rubans papier
    Des cris et des hommes pressés
    Que fait le reste ?
    Il somnole dans les canapés défoncés
    Parmi les souhaits débraillés et les cuisses de moules
    Repus et insatisfait de n’avoir pas vu le grand nain rouge de son enfance…

    J’ai remis les boules à leur place car le père Noël cette année s’est coincé dans ma boîte mail.

  3. phoenixs dit :

    On a bien fait d’attendre cette nuit pour repousser la mort sans un os de trop sous le buvard.

  4. Elisa R dit :

    Mon internet ouvre un œil, assez longtemps j’espère pour déposer ici un message ! Noël nous offre une belle composition et, je trouve, une délicieuse complicité.

  5. 4Z2A84 dit :

    Chère Phoenixs,
    J’attends la suite des « aventures » de Jeannot et de son double. Après la découverte par madame Germaine Vichnu d’un premier cadavre, voilà qu’une mademoiselle Millot « tombe » sur un autre. S’agit-il encore d’une très jeune fille ? Les malades sexuels proliférant je crains que l’un d’eux ou plusieurs d’entre eux ne soient poussés par leurs démons à commettre des atrocités sur d’éventuelles rosières, des prix de vertu ou plus vraisemblablement sur des sourires auxquels on fait dire ce dont on rêverait d’entendre quand on est une brute. Mais c’est à toi à nous révéler pourquoi les yeux de mademoiselle Millot s’agrandissent d’horreur. Et si les Jeannot se hisseront à la hauteur de leur grade. Et la réaction de monsieur Poulit a priori insoupçonnable (mais qui ose parmi nous tous se flatter de l’être ?). Et ne m’accuse pas d’être l’assassin – car « le lecteur assassin » d’autres auteurs de polars en ont eu l’idée (c’est pourquoi j’en lis si peu – mais le tien est un régal).

  6. phoenixs dit :

    Dès que je suis sortie de mes guirlandes et autres lampées niçoises je vous envoie la suite 4Z 😉

  7. Éclaircie dit :

    Mon internet semble craindre le froid, mon installation électrique aussi, mais rien, rien, ne m’empêchera de dresser le sapin de Noël tous les jours et d’admirer à son pied, les guirlandes de mots que nous savons -nous- offrir.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.