Mon poisson rouge dans les coquilles d’œuf,

Vers quoi nageons-nous

Nos efforts auront été vains

Si rien ne brille au bout du tunnel

La flamme d’une allumette

Suffirait à nous encourager

Quand nous quittons le fleuve

Pour la rive où des enfants courent

Après d’autres enfants plus vifs

Personne ne rattrape personne

La vigueur agonise en chemin

Avec le souffle et la volonté

D’aller toujours plus loin

On reste sur ses restes

Des os qui craquent

Comme la coquille de l’œuf

Lorsque le pied l’écrase.

*****
Le guéridon sous le bocal des poissons
Leur chante des berceuses
Qu’ils cessent de tourner en rond
Et réveiller tous les fantômes
Pas même vêtus de blanc
Réservé au plein été ou aux grandes crues
Mais dont chaînes et boulets
Dérangent les parquets et les estomacs
Des dîneurs repus par tous les commérages
Et qui ne pourront pas danser
Marquises et autres comtesses
Sont retenues dans les miroirs
Sans la moindre chance de s’échapper
La glace servie jamais ne sera brisée
Par le seul ronflement d’un poisson

*****

Les salades immobiles,

Tu viens te ranger sous les glands
Bien assis serré aux ordres
Tu écoutes la maîtresse branche balancer
Son onde vibrionnante
Applaudis de tes feuilles terreuses
Te fends d’un sourire entre les dents
Tête dans la rangée de culs légume
A varier
Tu viens te ranger sous les glands
Tombés du chênes synthétique
La sève en toi tarie se sèche
De ne rien dire…
*****
Les voix superposées tracent des lignes dans l’air et les images se joignent à cette singulière cacophonie. Novembre joue.
Son souffle glacé rosit nos rêves. Son souffle court les abrège.
Au bout de mon regard une poupée vêtue de noir marche au milieu des croix, sur une butte fleurie.
A ses pieds, quelques champs assoupis attendent le lever de la nuit. Un groupe d’ arbres rescapés, au premier coup des sept heures de l’horloge, figeront leurs frêles silhouettes au centre du rond parfait d’une lune presque rousse.
Sur un chemin de boue et de pavés , une femme et son chien contempleront l’ouvrage en silence.
A l’orée d’un petit bois, les créatures de l’ombre en feront autant.

Vol d’un Zephe à bord : l’équipage 4Z, Eclaircie, Bibi et Elisa
Titre fusion 4Z et Eclaircie

3 commentaires sur “Mon poisson rouge dans les coquilles d’œuf,”

  1. Phoenixs dit :

    Voilà un songe au seuil de l’ombre d’où guettent les poupées sorties des miroirs, des poissons libérés de leur bocal, de vieux os qui n’en finissent pas d’attendre le cercle parfait…

  2. 4Z2A84 dit :

    J’ai vu une poupée en deuil entre des croix !
    Pour échapper à ces miroirs qui retiennent prisonniers des poètes travestis en marquises du temps de Marie-Antoinette, mieux vaut vous ranger sous des glands (quels qu’ils soient) plutôt que de perdre du temps à compter vos os !
    …La butte était fleurie de marguerites empoisonnées !

  3. Elisa-R dit :

    Charmant équipage qui voyage dans un bocal tiré par quelques poissons, rouges pour aller plus vite. Aussi vite que ces « salades immobiles » au drôle de sourire.
    Peut-être verrons-nous, au bout d’un regard ou d’un tunnel, la lumière attendue d’une simple allumette.

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