…d’Alain Bosquet :

« Je vous présente

ma poésie : c’est une île qui vole

de livre en livre

à la recherche

de sa page natale,

puis s’arrête chez moi, les deux ailes blessées,

pour ses repas de chair et de paroles froides. »

Alain Bosquet.

6 replies on “…d’Alain Bosquet :”

  1. Orgue-rouge dit :

    L’un des poètes que j’aime.

    De lui:

    Poète

    J’ai mis du dentifrice
    sur mes amours.
    J’ai nourri de vinaigre
    mon inunilité.
    Avec ma lame de rasoir,
    j’ai balafré mon absolu.
    Je suis enfin concret
    comme un aspirateur,
    comme une paire de skis rouges.
    Je suis à vendre
    parmi les ouvre-boîtes,
    les rince-doigts, les abat-jour,
    poète
    produit de première nécessité.
    .
    .
    .

    Merci 4Z

  2. Éclaircie dit :

    Un extrait que j’aime sur le même sujet :

    « Vous savez bien que la musique
    a sa propre raison.
    Un poème s’explique
    par l’horizon,

    par le hibou, par le mont chauve,
    par l’azur qu’on a bu ;
    il n’est rien qui le sauve
    de l’imprévu.
    … »
    Alain Bosquet. Stances
    (La mise en page n’est pas vraiment respectée, je n’y suis pas parvenue.)

    Merci 4Z et Orgue-rouge

  3. Elisa-R dit :

    J’aime beaucoup les trois extraits. Merci à vous trois.

    J’avoue ne pas le connaitre mais en parcourant le grand livre d’internet, j’ai trouvé ce « Portrait improbable » :

    « Mon œil de bistouri,

    mon front ridé en gare de triage,

    mon épaule où s’abattent les cyclones,

    mes lèvres pour seins lourds et tailles minces,

    ma vieille voix qui se casse et se brûle,

    mon menton façonné par le mépris,

    mes mains qui planent

    — oiseaux de paradis, simple volaille ? — mon corps qui voudrait être pur esprit,

    mon esprit trop déçu pour se trouver un corps,

    mon genou qui trébuche

    car il perd l’équilibre à soumettre le monde,

    mon rire qui annonce le squelette,

    mon cceur qui s’use à refuser l’amour :

    — quel étranger, quel inconnu composent-ils,

    à mi-chemin de l’être et du non-être ? »

  4. 4Z2A84 dit :

    Il faut aussi lire « Les Testaments » du même Alain Bosquet…en alexandrins rimés, que ça plaise ou non. Car cet « homme de partout et de nulle part » » ne se contente pas du vers libre, il peut beaucoup, il peut presque tout. N’oublions pas non plus ses essais chaleureux sur les poètes qu’il aime : Pierre Emmanuel, Saint-John Perse, Emily Dickinson, Robert Goffin…ni ses romans – que je n’ai pas lus – dont peut-être Eclaircie nous dira un mot.

  5. Éclaircie dit :

    En effet 4Z, j’ai surtout été marquée par son roman : « Georges et Arnold, Arnold et Georges » : une amitié inébranlable entre deux êtres de 20 ans en 1968. Dans un tout autre registre, j’ai aussi lu de Alain Bosquet « Le métier d’Otage », un regard sur les différentes sociétés à travers les réflexions d’un otage au Proche-Orient.
    Un auteur soucieux de l’individu et du monde.

  6. 4Z2A84 dit :

    Merci Eclaircie pour ces précisions.
    .
     » A la mer, mon poème ! Seulement, voilà : la mer préfère se retirer. » Alain Bosquet.

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