Il ne restait que la pluie

mère que manges-tu la terre

nos jambes flageolent a dit père

le ciel adipeux

n’exhausse aucune prière

 

oh mes amis où êtes-vous

boulant dans la pauvre infortune

le temps est une batte grise

qui sans surprise nous abat

 

où sont les bêtes et mon amour

qui entre l’arum et la lune

me rendaient chaque jour

chaque jour un peu plus homme

 

que dire du haut-le coeur

délétère de la pluie

 

oh mes amis

elle nous retire ses fils clairs

qui nous reliaient encore

à la nuit

4 replies on “Il ne restait que la pluie”

  1. 4Z2A84 dit :

    Ce poème où la mort, le passé et un présent délétère se marient engendre une espèce de mélancolie dont on ne se sort pas sans effort. Mais le travail des mots choisis avec soin nous rappelle que le poète est aussi un ouvrier.

  2. Éclaircie dit :

    Un retour en beauté. Une sombre fatalité entoure ce personnage qui s’interroge sur quoi d’ailleurs ? sur le sens du temps, et d’être.
    Le premier vers est marquant, cette mère source de vie, qui mange la terre, source de vie…on peut lui donner tant de significations.

    Merci Orgue-Rouge d’être là avec ce poème.

  3. Elisa Romain dit :

    Quelque chose de nouveau dans ce poème, un mouvement, une respiration… Ce qui ne change pas, c’est l’intérêt que font naître vos mots.

    Merci Orgue-Rouge de les avoir déposés ici.

  4. Kiproko dit :

    Le temps pactise avec la mélancolie et jette son mauvais sort sur les certitudes.
    Encre noire et plume acérée !

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