« Abdication » poème d’Alain Bosquet.

« Abdication.

.

Tiens-toi tranquille, mon poème,

des îles bleues percent tes mots,

un requin happe tes syllabes.

L’homme a lâché les fins du monde

qu’il conservait depuis mille ans

au fond d’un cœur peuplé d’orties.

Il ne nous reste qu’à nous taire

et contempler ce jeune atome

qui a raison de la montagne,

cet océan qui se suicide.

Sait-on jamais, mon cher poème ?

le néant songe à te loger

dans un hospice de vieux rêves,

mais un poète, il n’est personne

pour le défendre dans cet âge

où l’être humain est superflu. »

.

Alain Bosquet (« A la mémoire de ma planète » 1948).

.

 

4 replies on “« Abdication » poème d’Alain Bosquet.”

  1. 4Z2A84 dit :

    « La poésie est une folie (un délire, un rêve, etc.) qui, exprimée, devient pour l’auteur un axiome des plus logiques, mais doit rester pour le lecteur une folie (un délire, un rêve, etc.). »
    Alain Bosquet.

  2. Éclaircie dit :

    Bravo pour les mots D’alain Bosquet qui accompagnent le poème de l’anthologie du jour.

  3. 4Z2A84 dit :

    Avec Paul Valéry et André Breton, Alain Bosquet qui fut également critique est un de ceux qui, à mon avis, ont le mieux parlé de la poésie dite « moderne ».

  4. 4Z2A84 dit :

    En fait on ne peut pas dire comme je l’ai suggéré ci-dessus que Valéry ait vraiment parlé de poésie « moderne »; il a par contre très bien défini ce qu’était pour lui la poésie « en général ». Breton s’oppose à ses conceptions. Il n’empêche que les deux « points de vue » sont intéressants. Et je ne crois pas qu’il faille se priver de l’un ni de l’autre…

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