d’Alain Bosquet…

d’Alain Bosquet :

« …de quoi est fait mon discours ? C’est toujours le même : je meurs, je meurs encore, je suis étonné de ne pas mourir tout à fait. Le reste est merveille verbale : des iguanes qui deviennent prophètes, des îles qu’on épouse, des cailloux qui ouvrent un parlement pour discuter de l’avenir humain. Mes vérités profondes sont dans mes mots : je devrais dire que moi, minuscule vérité de chair, j’ai ma place sans un langage immense. Ce que je suis est inutile à ce que j’écris. Le poème invente son poète. Le lecteur continue le poème. Le lecteur invente le poète. Ce malentendu est riche. Je peux, je dois me répudier. »

Alain Bosquet (« Faute de portrait », en préface au livre que lui a consacré Charles Le Quintrec en 1964).

One reply

  1. Éclaircie dit :

    Tu nous régales, aujourd’hui, 4Z !
    Ah ! Comme certains poètes savent dire. En plus de nous offrir leurs poèmes, ils ornent toute vie, tout acte, tout instant de poésie.

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